Le discours de Donald Trump lors du Forum économique mondial à Davos confirme une vérité troublante : l'agressivité et le mépris de l'ancien président des États-Unis à l'égard de l'Union européenne (UE) deviennent de plus en plus apparents, mettant à mal la relation transatlantique. Devant les menaces, le chantage et les insinuations sur la souveraineté de l'Europe, les tentatives des Vingt-Sept pour influencer les décisions de Washington semblent malheureusement dérisoires. Après des décennies de confort lié à la dépendance envers l'Amérique, le choc du réveil se révèle brutal pour les Européens.
Les liens tissés depuis la Seconde Guerre mondiale sont complexes et profondément ancrés dans divers champs tels que la défense, la technologie et l'énergie. L’Europe commence à réaliser que son alliance avec les États-Unis a un coût et n'est pas si évidente.
Une prise de conscience lucide de cette dépendance est cruciale pour envisager une véritable émancipation, qui s'annonce longue, complexe et périlleuse sur le plan de la souveraineté. Échapper du jour au lendemain aux garanties de sécurité offertes par les États-Unis et ignorer l'interdépendance économique n’est pas une option. L’urgence réside dans la nécessité de redéfinir une stratégie face à une relation devenue déséquilibrée et toxique.
Divisions internes et crédibilité collective
Pour contrer les tensions du trumpisme, l'UE doit construire une crédibilité collective. Elle dispose désormais d'outils de rétorsion commerciale et de législations en mesure de préserver son modèle de société. Cependant, elle doit agir sans délai pour renforcer son rapport de force. De nombreux domaines montrent que les dépendances sont réciproques, et les États-Unis pourraient aussi souffrir d’un divorce brutal.

L’autonomie stratégique de l'Europe ne peut rester un simple slogan. Le rapport Draghi sur la compétitivité européenne de 2024 a défini une feuille de route claire : investir dans des capacités militaires communes, sécuriser les chaînes d'approvisionnement, et promouvoir une souveraineté technologique. Ces objectifs avancent lentement, et l'unité de la voix européenne fait encore défaut.
Washington a parfaitement saisi cette réalité et utilise les divisions internes comme levier d'influence sur le continent. La récente « stratégie de sécurité nationale des États-Unis », publiée en décembre 2025, le démontre sans ambiguïté. Si certains États membres privilégient des relations bilatérales au détriment de l'intérêt commun, l'émancipation passera par des coalitions de pays prêts à agir ensemble sur des enjeux cruciaux. Le réveil de l'Europe nécessite également une créativité institutionnelle urgente.







