Baptisé DroneMed, ce projet, fruit d'une collaboration entre la société Innov’ATM de Toulouse et un réseau de laboratoires, permet le transport aérien d’échantillons sanguins entre divers sites, une première en Europe.
Depuis plusieurs mois, un drone évolue au-dessus des communes de Pamiers, Saverdun et Saint-Girons pour expérimenter le transport de prélèvements sanguins entre laboratoires. Ce projet, unique en son genre sur le continent, fait suite à l'autorisation obtenue par Innov’ATM, fondée en 2013 à Cugnaux, d’utiliser un couloir aérien déterminé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
Innov’ATM, pionnière dans ce domaine, a commencé ses tests avec le réseau Cerballiance, visant à assurer la fiabilité de cette innovation nommée DroneMed. En s'appuyant sur des essais techniques, l'entreprise a réussi à démontrer l’efficacité de ce nouveau mode de transport.
Capacité de 3 kg par vol
Le drone Eiger, conçu en Suisse, vole à une altitude variant entre 80 et 120 mètres. Il est capable de transporter jusqu'à 3 kg de tubes de sang, de poches de sang ou d’échantillons biologiques. Aujourd'hui, il réalise des trajets entre Saverdun, où une centaine de prélèvements sont effectués quotidiennement, et Saint-Girons, qui enregistre environ 300 prélèvements, le tout vers le site de Pamiers, qui centralise l’analyse.
« Nous avons été certifiés par la DGAC comme opérateur New Space, ce qui a nécessité deux ans de travail acharné », indique Stéphane Bascobert, co-fondateur d’Innov’ATM. « L’Ariège, avec ses zones montagneuses, est un terrain d’expérimentation idéal. Cela représente également un enjeu écologique important grâce à une réduction des transports routiers », ajoute-t-il.
Un transport rapide et sécurisé
Des tests ont été menés pour garantir la qualité des échantillons, protégés par un triple emballage conçu spécifiquement, lors des déplacements par drone. Les trajets sont courts, et pour un vol entre Saverdun et Pamiers, le drone met seulement vingt minutes, une durée comparable à celle par voie routière, mais sans l'impact environnemental.
Ce système améliore considérablement l’efficacité des laboratoires ruraux. Patrick Trapé, biologiste à Foix et responsable des laboratoires Cerballiance d’Ariège et du Languedoc, évoque : « Ce processus est simple et nécessite seulement une personne sur place. C’est un peu comme une autoroute pour drones. C’est rapide, sûr, et évite les désagréments dus à la neige ou aux embouteillages. »
Si l'expérimentation se révèle concluante et validée par la DGAC, d'autres liaisons pourraient voir le jour, notamment vers le laboratoire de Lavelanet, avec plusieurs vols quotidiens envisagés. Cette innovation pourrait également permettre d’exécuter des livraisons urgentes lors de situations critiques, le drone Eiger pouvant relier des établissements médicaux jusqu’à 80 km de distance.







