En 2025, pour la première fois depuis deux décennies, les exportations de cosmétiques françaises se replient, hors crise sanitaire. Ce repli est attribué au durcissement des conditions commerciales aux États-Unis, aggravé par une concurrence mondiale de plus en plus féroce.
Un coup d’arrêt inédit depuis deux décennies
Ce recul est un signal préoccupant pour un secteur qui a longtemps été un pilier de l'économie française. Sur les dix premiers mois de 2025, les ventes à l'international de produits cosmétiques ont seulement atteint 18,75 milliards d'euros, marquant une baisse de 1,16 % par rapport à 2024. Emmanuel Guichard, délégué général de la FEBEA, confirme : "C’est la première fois depuis au moins vingt ans que nous n’avons pas de hausse." Les prévisions pour le reste de l'année laissent peu de place à l’optimisme.
"Il y a nécessairement un aléa autour des deux derniers mois de 2025 mais on ne voit pas vraiment de signe qui laisserait entendre que la fin de l'année pourrait minimiser ce chiffre", souligne la FEBEA.
Les États-Unis, principal point de fragilité
L'explication de cette situation est claire : le marché américain, qui constitue la première destination des cosmétiques tricolores, a enregistré une chute de 18 % de ses importations. L'augmentation des droits de douane sur les produits européens a affecté la compétitivité des marques françaises. En revanche, les exportations vers d'autres régions continuent de croître ; l'Union européenne affiche un gain de 4 %, tandis que la Chine connaît une augmentation de 2 %.
La montée des imports et la pression coréenne
Parallèlement, les importations de cosmétiques en France ont crû de 6 %, atteignant 4,46 milliards d'euros. Ce phénomène est largement soutenu par l'essor des marques coréennes, notamment à travers des plateformes en ligne. "Il nous faut aussi gagner en compétitivité et en innovation face à la Corée", reconnaît Emmanuel Guichard.
Une lueur d'espoir avec le marché indien
Malgré ce recul, l'industrie cosmétique reste essentielle pour la balance commerciale de la France, avec un excédent de 14,29 milliards d'euros pour les dix premiers mois de 2025. Pour 2026, la FEDBA entrevoit une lueur d'espoir grâce à la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde. Ce marché représente un potentiel immense, bien que les exportations françaises vers ce pays ne s’élèvent qu’à 58 millions d’euros aujourd’hui.
"Nous restons le deuxième contributeur à la balance commerciale", rappelle Emmanuel Guichard.
En conclusion, la capacité du secteur à retrouver une croissance durable dépendra de son aptitude à innover et à s'adapter face à une concurrence internationale de plus en plus aiguisée.







