Ce mardi 7 avril, près d'une cinquantaine d'avocats toulousains se sont réunis devant le tribunal correctionnel pour exprimer leur opposition au « projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire ». Pour la profession, ce texte représente un véritable drame. Selon Me Sophie Coq, bâtonnier de Toulouse, « c'est un mouvement national. Nous nous opposons à un recul évident pour la justice de notre pays et pour nos concitoyens ».
La principale inquiétude porte sur la généralisation des cours criminelles départementales. Ce système, entièrement constitué de magistrats professionnels, risque de remplacer les cours d'assises traditionnelles où les jurés populaires jouent un rôle clé. Les avocats estiment que cette réforme constitue un tournant vers une justice où les voix des citoyens, témoins et experts, sont réduites au silence. Me Coq critique cette tendance vers une justice « expéditive » qui privilégierait la négociation des peines avec le procureur plutôt que des débats publics approfondis.
Vers une grève prolongée
En signe de leur engagement, le conseil de l’ordre a décrété la suspension immédiate de toutes les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Cette première action pourrait n'être que le début d'une lutte plus longue : les avocats prévoient une « grève perlée » jusqu’au 13 avril, marquée par une journée de « justice morte » à l’échelle nationale. Une importante délégation toulousaine se rendra alors à Paris pour dénoncer le maintien des cours criminelles en appel, une mesure jugée comme une trahison des engagements pris par le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, face aux avocats. Ce contexte de tension rappelle les préoccupations également soulevées par des experts juridiques qui s'inquiètent des conséquences d'une telle réforme, annonçant des « risques de déshumanisation de la justice ». Plusieurs médias, dont *Le Monde*, rapportent les craintes des professionnels du droit face à cette évolution législative.







