Le trafic d'armes à feu connaît une augmentation inquiétante en France, avec près de huit millions d'armes en circulation, dont environ trois millions sont illégales. Les agents de l'État, souvent méconnus du grand public, mènent des opérations discrètes mais cruciales pour combattre ce fléau. Ce reportage exceptionnel offre un aperçu des activités de la Direction nationale du Renseignement des Enquêtes Douanières (DNRED), la division qui s'attaque à ces enjeux sensibles.
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Au cœur de cette lutte, des douaniers, agents de renseignement spécialisés, se mobilisent contre les réseaux criminels de trafic d'armes. Loin des projecteurs, ils s'efforcent de garder le secret sur leurs missions. Au sein de la DNRED, ces agents travaillent sur des cas de blanchiment, de narcotrafic et de terrorisme, avec une attention particulière portée aux armes à feu. En 2025, 1 061 armes ont été saisies, reflétant une hausse significative de 20 % par rapport aux années précédentes.
"On est là pour remettre quelqu'un dans les mains de la justice, pas pour l'éliminer"
Lors d'une de leurs opérations, ils se préparent à interpeller un individu dans le sud-est de la France. Un agent aurait détecté une série d'achats en ligne suspects, indiquant la possiblité d'un arsenal caché. Cela rappelle à chacun d'eux un incident tragique de 2015, où un de leurs collègues a perdu la vie dans une intervention similaire.
Ce matin-là, les douaniers se concentrent, s'équipant sur un parking isolé avant l'aube. Leur dispositif, bien que lourd, est conçu pour assurer la sécurité et éviter des confrontations violentes. Leur priorité demeure celle de traduire les suspects devant la justice, plutôt que d'engager des affrontements violents, comme le souligne un agent du Groupe de soutien opérationnel, sous le couvert de l'anonymat.
Le groupe avance avec précaution, s'installant dans un quartier résidentiel. L'arrestation se déroule sans heurts, et les soupçons initiaux se confirment, mettant en lumière des connections avec le crime organisé.
Deux à trois interventions par semaine
Pour les douaniers, les collectionneurs d’armes font souvent l'objet d'une surveillance accrue, car leur passion peut les lier à des acteurs du marché noir. Un agent, toujours sous anonymat, explique :
"Ces armes, une fois remises en service, peuvent finir par alimenter des activités criminelles, comme des braquages ou des attentats."
Après leur opération, le groupe reprend la route, engagé dans une lutte discrète mais incessante, réalisant en moyenne deux à trois interventions par semaine à travers le pays.







