Environ 150 œuvres d'art ont été extraites des flammes lors de l'incendie qui a ravagé l'église de Montenach, dans le département de la Moselle, jeudi dernier. Ces trésors, désormais entre les mains de la gendarmerie de Rettel, attendent un espace de stockage définitif.
Sur la route pour Montenach, Victor Benz, référent de la commission d'art sacré du diocèse de Metz, se remémore son appréhension. "J'avais peur de ne rien trouver à sauver", confie-t-il. À son arrivée, la vue de quelques statues sur la pelouse, à proximité de l'église, lui a laissé entrevoir un futur meilleur. "Si le plafond avait cédé, tout aurait été perdu", explique-t-il.
Cinq jours après l'incendie, l'heure est au relevé des dégâts. Le clocher et la toiture, datant de 1886, ont été considérablement endommagés. Cependant, le chemin de croix, reconnu pour ses cent statues, a été miraculeusement préservé. "Les pompiers ont réalisé un travail exceptionnel en le sauvant en intégralité", se réjouit Benz. "Certains éléments sont fragiles, mais la majorité peut être restaurée".
Deux cloches hors service ?
Malheureusement, le clocher n'a pas été épargné, et au moins deux cloches sont tombées dans les flammes. Sur les clichés de l'intérieur de l'église, elles sont visibles au-dessus de l'entrée. "Il est difficile de savoir si elles sont toujours fonctionnelles tant qu'elles ne sont pas descendues au sol", précise Benz. Pourtant, l'espoir demeure, rappelant que certaines cloches réquisitionnées durant la Seconde Guerre mondiale ont finalement pu être réparées.
Étonnamment, la croix au sommet du clocher a également chuté et traversé la voûte de l’église, restant suspendue à l’intérieur de l’édifice.
Une perte poignante
Dès que la nouvelle de l'incendie a atteint Victor Benz, celui-ci a immédiatement contacté Muriel Forato, restauratrice des peintures de l'église. "J'ai été profondément touchée, l'émotion était saisissante", déclare-t-elle. Les travaux qu’elle avait réalisés fin 2024 avaient pour but d'embellir l'église, considérée comme un petit bijou.
Forato, encore en proie à l'émotion, explique : "Lorsque l'on restaure, on laisse une part de soi-même dans ces églises." Elle aspire à revenir à Montenach pour reconstituer les précieuses peintures. "Qui d'autre que nous pourrait refaire ce travail ?" s'interroge-t-elle, convaincue que seule elle connaît les subtilités de ses teintes.







