Trois semaines après le tragique meurtre de Lyhanna, le rapport d’inspection remis ce lundi au ministre Sébastien Lecornu souligne des "erreurs individuelles" dans le suivi du principal suspect. Ce document tant attendu fragilise le gouvernement et ouvrira probablement la voie à des sanctions.
Près de trois semaines après la découverte du corps de la jeune fille, le rapport d’inspection déposé ce lundi 22 juin au bureau du Premier ministre vise à faire la lumière sur les défaillances qui entourent ce drame. Rédigé par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice, il pose une question fondamentale : comment est-il possible que Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et l’assassinat de Lyhanna, n’ait jamais été inquiété malgré plusieurs plaintes pour agressions sexuelles sur des mineurs ?
des "dysfonctionnements" et des "erreurs individuelles"
D’après des sources bien informées, le rapport confirme des dysfonctionnements et des erreurs individuelles flagrantes. Comme le rapporte La Tribune Dimanche, le constat est particulièrement préoccupant concernant la gestion d'une plainte déposée en août 2025 par la mère d'une enfant de 10 ans, accusant Barella de viol. Ce dossier semble avoir été négligé, malgré son déplacement entre la Haute-Garonne et le Gers.
Les conclusions du rapport mettent donc en lumière des défaillances personnelles au sein du parquet d’Auch. Le Parisien souligne que le parquet n'était pas surchargé d'autres affaires urgentes, soulignant ainsi que les retards dans la gestion des plaintes étaient d'autant plus inacceptables.
quelles conséquences ?
Les résultats de cette inspection pourraient engendrer des enquêtes administratives, menant possiblement à des sanctions. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a noté dans un courrier adressé à plus de 10 000 magistrats que "lorsque des fautes professionnelles sont établies, il est impensable qu’elles ne soient pas sanctionnées". Il a déjà suscité une certaine irritation parmi les magistrats en évoquant des dysfonctionnements dès les premiers jours de l’affaire, sans attendre la présentation des résultats de la mission d’inspection.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a tenté de minimiser la situation en exprimant sa confiance envers les enquêteurs de la police et de la gendarmerie, promettant d'éviter que cette affaire n'entache leur travail remarquable. Pendant ce temps, la mort de Lyhanna a provoqué des manifestations croissantes appelant à une protection renforcée des victimes de violence sexuelle. De nouveaux rassemblements sont prévus devant plusieurs tribunaux, témoignant d'une mobilisation citoyenne face à cette tragédie.







