La cour d'assises de Charente-Maritime a rendu son verdict jeudi, condamnant une mère à deux ans de prison ferme et son fils à deux ans avec sursis pour le meurtre de Djemal Alain Benkradidja, survenu le 3 octobre 2016. Ce drame familial a révélé un climat de violences et de terreur, laissant la question de la légitime défense en suspens.
Le président de la cour, Franck Wastl-Deligne, a souligné la rareté de cette peine, considérée comme extrêmement indulgente eu égard aux circonstances. « C'est une peine rarement prononcée, adaptée à la situation », a-t-il déclaré.
Selon des sources judiciaires, la mère, assistante dentaire de 46 ans, avait tenté de faire appel aux gendarmes à plusieurs reprises pour se défendre contre son compagnon, connu pour sa toxicomanie et sa violence. Lors de la nuit tragique, après avoir été confrontée à une nouvelle agression, elle a strangulé Djemal avec sa ceinture, appelant son fils à intervenir.
À la barre, ce dernier, âgé de presque 30 ans, a exprimé son désespoir face à la situation familiale, affirmant qu'il n'avait pas réalisé l'ampleur de la violence. Les deux accusés ont toujours maintenu une position de légitime défense, affirmant vivre dans la peur quotidienne. Les experts du domaine, cependant, soulignent que bien que Djemal n'ait pas été un saint, des témoignages manquaient pour étayer la version des accusés.
Les avocats de la défense ont plaidé pour l'acquittement, évoquant l'ampleur de la peur et de l'emprise subie par la mère, qui n’avait jamais porté plainte jusqu'à ce jour. L'absence de témoignages visuels et de plaintes a soulevé des interrogations sur la réalité de la situation familiale et la persistance de violences domestiques. Des avocats se sont même interrogés sur d'éventuels manquements des services sociaux dans cette affaire complexe.
Bien que la peine prononcée contre la mère dépasse celle de sa détention provisoire, elle et son fils ont été libérés, engendrant ainsi un sentiment de malaise dans la société. Le procès a mis en lumière non seulement le drame familial, mais aussi les lacunes des dispositifs de protection contre la violence domestique en France.







