Après une procédure judiciaire complexe, une femme de 46 ans, originaire de Cestas en Gironde, sera jugée en mars 2027 pour des viols supposés sur quatre victimes, entre 2014 et 2017. Ce procès tant attendu se déroulera du 11 au 16 mars 2027 à la cour criminelle de la Gironde.
La plainte initiale a été déposée il y a douze ans par une femme qui dénonçait des agressions sexuelles perpétrées par la suspecte, qui se faisait passer pour une gynécologue dans la région bordelaise. Lors de ce procès, l'accusée sera confrontée à des accusations de viol, d’exercice illégal de la médecine, ainsi que de faux et usage de faux, liés à de fausses ordonnances émanant de la Maison de santé protestante de Bordeaux Bagatelle. Cette institution, l’Ordre des médecins de Gironde, ainsi que plusieurs des victimes, sont parties civiles dans cette affaire.
Les faits, hautement troublants, se sont déroulés durant une période où la prévenue entretenait des relations amicales avec ses victimes, souvent rencontrées sur un site de rencontres amicales, "On va sortir" (OVS) à Bordeaux. Les plaignantes, séduites par l'apparence bienveillante de la suspecte, ont accepté des examens médicaux intrusifs, pensant bénéficier de l'aide d'une professionnelle.
Une des victimes a expliqué avoir subi des traitements invasifs dans le but de favoriser une fertilité, avec des injections douloureuses et des examens réguliers. L'avocate, Me Nathalie Landon, a déclaré que cette expérience a profondément marqué sa cliente.
Douloureuses injections et mensonges
Identifiée comme ayant des tendances mythomanes, la fausse gynécologue n’a pourtant jamais été médecin. Selon des rapports psychiatriques, elle aurait piégé ses victimes en exploitant leur vulnérabilité et leur empathie, construisant un récit personnel chargé en épreuves fictives. Des fouilles à son domicile ont révélé des livres consacrés à la médecine et un faux caducée, tandis que des analyses de son matériel informatique ont mis en évidence des recherches sur des sites à caractère pornographique.
La quadragénaire, actuellement en liberté et bénéficiant de la présomption d'innocence, maintient sa version des faits, avançant avoir été victime d'un complot. Cependant, la communauté et les experts demeurent convaincus de son rôle dans ces événements tragiques. Comme l'a souligné Me Arnaud Bayle, l'avocat de deux des victimes, la lenteur de la justice ne fait qu'ajouter au traumatisme déjà infligé sur les victimes, partagées entre leur quête de justice et l'appréhension de se retrouver face à leur accusée.







