Un drame aérien s'est produit dimanche 28 juin vers 11 heures à l’aérodrome de Nancy-Essey, en Meurthe-et-Moselle. Un avion transportant un pilote et dix parachutistes s'est écrasé, causant la mort de tous les occupants. Deux enquêtes sont actuellement menées pour faire la lumière sur les circonstances de ce tragique événement. Pour analyser la situation, nous avons sollicité l’expert aéronautique Michel Polacco.
La Dépêche du Midi : L’avion s’est écrasé peu après son décollage, tombant presque à la verticale, selon des témoins. Quel scénario semble le plus probable ?
Michel Polacco : Ce type d’accident peut résulter de nombreux facteurs. Pour assurer un vol en toute sécurité, il est crucial de vérifier le poids et le centrage de l’appareil afin de ne pas surcharger l’avion. Il faut également prendre en compte les limites de l’appareil, qui diminuent avec des températures élevées, comme c’était le cas ce jour-là. Une bonne répartition de la charge et la quantité adéquate de carburant sont essentielles, surtout si plusieurs vols sont prévus dans la journée.
Le pilote aurait tenté un demi-tour à basse altitude, une manœuvre dangereuse. Qu’en pensez-vous ?
Cela peut indiquer un manque d’expérience. Dans les écoles de pilotage, on enseigne que lors d'une panne au décollage, faire demi-tour à basse altitude est très risqué. Même si cela compromet l'avion, il est préférable de se diriger droit devant pour maximiser les chances de survie des passagers. Un excès de confiance peut conduire à des décisions fatales.
La canicule récente a-t-elle pu influencer ce crash ?
Absolument. La chaleur a un impact direct sur le décollage des avions. Les températures élevées exigent d'augmenter légèrement les vitesses et de prendre en compte des facteurs tels que l’angle de montée. Dans des situations aussi chaudes, il est conseillé d'effectuer une montée douce plutôt que d'opter pour des manœuvres brusques, qui sont courantes lors des vols de parachutisme. Des analyses plus approfondies révéleront peut-être des problèmes techniques, mais il est également crucial d’examiner les responsabilités humaines.
Le Pilatus PC-6, impliqué dans l'accident, est-il connu pour des dysfonctionnements ?
Les Pilatus sont de très bons avions, souvent fiables. J'ai moi-même volé avec ce modèle, qui est généralement sûr. La majorité des accidents impliquant ces avions surviennent lors de largages de parachutistes, ce qui souligne davantage la nécessité d'une manipulation adaptée de l'appareil.
Avec un tel bilan humain, cet accident soulève des questions sur la réglementation en matière d aéronautique. Que peut-on en apprendre ?
Il faudra attendre les résultats des enquêtes pour tirer des conclusions définitives. Cependant, il semble nécessaire de réévaluer les exigences de qualification pour les activités de largage de parachutistes, car les normes actuelles pourraient manquer de rigueur. Une certification plus stricte pourrait éviter de tels drames à l'avenir.







