Le tragique incendie survenu à Crans-Montana a laissé plusieurs familles dans l'attente insupportable de l'identification de leurs proches. Selon le colonel Laurent Chartier, directeur adjoint de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), l'absence de liste de clients et la jeunesse des victimes compliquent considérablement cette tâche. L'identification des corps calcinés, souvent fragmentés par les flammes, nécessite une approche minutieuse et sophisticated.
Dans des circonstances de catastrophe ouverte, telles que celles-ci, les enquêteurs doivent collecter des données auprès des familles des victimes pour établir des comparaisons. Cela implique souvent la récupération d’objets personnels tels que des brosses à dents ou des dossiers médicaux afin d’obtenir des éléments d'identification. La difficulté est amplifiée par le fait que de nombreux blessés restent hospitalisés et inconscients, rendant plus ardu le processus de recoupement des informations.
Les experts soulignent que le travail sur le terrain ressemble à celui d'une opération archéologique. Chaque corps est analysé avec une extrême précision pour éviter de mélanger les victimes. Des technologies innovantes comme des scanners laser et des drones sont utilisées pour créer une représentation numérique des lieux, minimisant ainsi l'impact de l'intervention humaine sur la scène du crime.
La question de l'identification est d'autant plus pressante que ces jeunes victimes, souvent âgées de 15 à 25 ans, présentent généralement une dentition moins distinguable que celle d'adultes ayant subi de nombreux traitements dentaires. Dans de tels cas, l'ADN devient l'outil principal, permettant d'extraire des profils exploitables même à partir de restes sévèrement endommagés.
La rapidité de l'identification, un enjeu crucial en période de crise, ne doit jamais primer sur l'exactitude. Comme l’a souligné le colonel Chartier, les chaînes d’autopsie traitent généralement de trois à quatre corps par jour, ce qui pourrait prolonger le délai d'identification à plusieurs jours, voire une semaine, étant donné le nombre élevé de victimes dans ce drame.
Alors que les autorités suisses gèrent la situation avec les moyens disponibles, la France a proposé son aide, comprenant des experts prêts à intervenir si nécessaire. La tristesse qui accompagne cette tragédie et l'angoisse des familles sont palpables, au fur et à mesure que chaque jour apporte son lot d'incertitudes.







