Au 1er décembre 2025, les prisons françaises comptaient 86 229 détenus, un chiffre en hausse qui augmente la pression sur un système déjà éprouvé par la surpopulation. Selon les statistiques du ministère de la Justice, ce taux atteint une densité carcérale alarmante de 135,6%, exacerbée par l'ajout de seulement 1 209 places opérationnelles sur l'année. Ces données révèlent une augmentation de 6,7% des détenus par rapport à l'année précédente, alors que les installations continuent de faire face à des défis croissants.
Les maisons d'arrêt, avec un taux de 164,7 %, sont particulièrement concernées. Les régions comme l'Île-de-France souffrent encore plus, affichant une densité de 160,5%, tandis que certains territoires d’outre-mer atteignent 149,6%. La surpopulation carcérale est une problématique récurrente en France, recevant des critiques de syndicats et d'experts du milieu pénitentiaire, qui évoquent un système « au bord de l'explosion ».
Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, a alerté sur les conditions de vie inacceptables que subissent de nombreux détenus, soulignant que l’insalubrité est une réalité trop souvent banalement acceptée. En réponse à cette crise, le ministère de la Justice prévoit d'ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des structures modulaires dans les prochains mois, mais la mise en œuvre de ces mesures reste incertaine.
Les études européennes mettent la France dans une position délicate, surclassée uniquement par la Slovénie et Chypre en termes de densité carcérale. Cela soulève la question d'une regulación nécessaire au sein du système pénitentiaire. Des experts suggèrent une réévaluation des politiques de détention afin d'améliorer les conditions de vie des détenus et de réguler efficacement la population carcérale.
Dans ce contexte, des voix se font entendre appelant à un changement de paradigme, plaidant pour un ajustement de la population carcérale via des mesures favorisant des libérations anticipées, en particulier pour les détenus approchant de la fin de leur peine. Cependant, cette proposition s'oppose à la volonté politique actuelle de renforcer l'autorité de l'État en matière de criminalité. Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, s'est opposé à toute forme de réduction significative de la population carcérale, affirmant que « respecter les peines doit être la priorité ». Un débat crucial se profile donc à l'horizon, le système carcéral français au cœur des préoccupations sociopolitiques.







