Aux termes d'un procès intense, la cour criminelle de Loire-Atlantique a rendu son verdict vendredi, condamnant un policier à la retraite à une peine de sept ans d'incarcération ferme. Cette sentence fait écho à une tragédie survenue à Nantes en 2018, où Aboubacar Fofana, âgé de 22 ans, a perdu la vie suite à un tir policier lors d'un contrôle.
Rejetant la version d'un tir accidentel avancée par l'ancien fonctionnaire, les juges ont exprimé une fermeté sans précédent, allant bien au-delà des quatre ans de peine requise par le ministère public. L’avocat de l'accusé, Me Laurent-Franck Liénard, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, qualifiant la décision d'« inhumaine ».
Une décision historique pour la famille Fofana
Pour Me Anne Bouillon, avocate de la famille de la victime, la justice a été rendue de manière significative. « Nous avons le sentiment d'avoir été entendus et que la justice a répondu à la gravité des faits », explique-t-elle. Lors de ses interventions, elle a accusé le policier d'avoir manqué de courage en n'admettant pas la réalité de ses actes. Au cours de la procédure, des témoins ont évoqué la tragédie comme une « bavure » policière, une qualification qui a pesé dans la décision finale.
Au cœur de l'événement, Aboubacar Fofana, sous le coup d'un mandat d'arrêt, avait donné une fausse identité lors d'une interpellation. Après un moment de panique, où il a tenté de fuir à reculons d'un contrôle policier, le coup de feu a retenti. Les experts ont confirmé que le policier était positionné à l'extérieur du véhicule au moment du tir, mettant plus en lumière la gravité de la situation.
Les conséquences d'une tragédie
La mort d'Aboubacar Fofana a provoqué des émeutes dans les quartiers environnants, notamment à Breil, Bellevue, Orvault et Rezé, provoquant une onde de choc au sein de la communauté locale. Les tensions persistantes ont appelé à une réflexion sur les pratiques policières en France, plaidant pour une réforme des interventions policières. Des voix se sont élevées pour réclamer plus de transparence et de responsabilité de la part des forces de l'ordre. Amnesty International, par exemple, a souligné la nécessité d'une formation plus rigoureuse pour éviter de telles tragédies à l'avenir.
En attendant un appel promis par la défense, l'ancien policier se retrouve face à une réalité poignante, celle d'un retour abrupt à des jours qui semblaient marqués par la vocation dans son métier. La justice a finalement mis en lumière les enjeux critiques de l'usage de la force par les responsables de l'ordre public, tout en rappelant les souffrances infligées aux victimes et à leurs familles.







