Gisèle Pelicot, une victime tragique des viols de Mazan, a subi un sort dévastateur, étant agressée sexuellement par près d'une cinquantaine d'individus. Ce drame aurait pu être évité, selon un rapport de l'Inspection générale de la justice (IGJ), qui met en lumière des failles dans le système judiciaire. Franceinfo, qui a eu accès à ce document avant sa publication, souligne que si une empreinte ADN avait été correctement examinée, l'ancien mari de Gisèle aurait pu être identifié 14 ans avant le procès.
Le mari de Gisèle, Dominique Pelicot, a été détecté lors d'une arrestation en 2010 alors qu'il filmait des femmes dans un supermarché. Bien que son ADN ait été prélevé et enregistré dans le Fichier national des empreintes génétiques, l'information a été transmise au parquet de Meaux par courrier, sans traçabilité, et a mystérieusement disparu du dossier d'instruction. Ce manque de rigueur a conduit à un enchaînement tragique d'événements, ayant permis à Dominique de continuer à nuire, selon des sources judiciaires.
D'après le rapport de l'IGJ, il est impossible de conclure « avec certitude » à un dysfonctionnement judiciaire, pourtant, des témoignages d'experts soulignent le chaos administratif de la fin des années 2000. Un expert en criminologie a déclaré : "Il est inacceptable que des données ADN aussi cruciales soient traitées sans la diligence requise. Cela aurait pu sauver de nombreuses vies." Les failles qu'évoque l'IGJ montrent qu'il y avait une véritable "culture de l'urgence" au sein des autorités judiciaires qui ont négligé des éléments fondamentaux.
Aujourd'hui, alors que des millions de profils ADN sont enregistrés dans le fichier national, le rapport souligne qu'il reste encore des risques élevés de perte ou de mauvaise gestion de ces données sensibles. Le cas de Gisèle Pelicot rappelle d'importants enjeux dans la lutte contre les violences faites aux femmes, et l'incapacité du système judiciaire à protéger les plus vulnérables. Dominique Pelicot a finalement été condamné à 20 ans de réclusion en décembre 2024, mais cela n’efface pas les années de souffrance vécues par sa victime.
La question se pose désormais : que faut-il faire pour éviter de telles tragédies à l'avenir ? Les infrastructures judiciaires doivent être revues en profondeur pour garantir que des erreurs telles que celles-ci ne se reproduisent plus. "Il est essentiel que l'on prenne conscience de ces enjeux, pour que les victimes aient enfin la justice qu'elles méritent", conclut un avocat spécialisé en droits des victimes.







