Le rapport tant attendu sur l'affaire de Dominique Pelicot a été publié, apportant à la lumière des lacunes notables dans les procédures judiciaires. Selon l'Inspection générale de la justice (IGJ), l'exploitation de son ADN, prélevé dès 2010 dans le cadre d'une affaire de viol, n'a jamais été correctement effectuée. Ce retard a permis à Pelicot d'échapper à des poursuites pendant plus d'une décennie.
Lors de son procès, où il a été condamné à vingt ans de réclusion pour avoir drogué et violé sa femme, des éléments troublants ont émergé. Pelicot avait été arrêté en 2010 pour des faits de voyeurisme, ce qui avait entraîné la collecte de son ADN. Connecté plus tard à une affaire de tentative de viol de 1999, on a pourtant laissé ce lien sans suite pendant plus de douze ans.
En mai 2025, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a mandaté l’IGJ pour examiner pourquoi aucune enquête n'avait été ouverte immédiatement après l'identification ADN de Pelicot. Ce rapport devait permettre de déterminer des raisons potentielles à cette lenteur, mais les résultats sont dérangeants. Les enquêteurs ont conclu qu'il n’y avait aucune preuve formelle de la réception d'un rapport important par le tribunal de Meaux, ce qui a empêché le traitement adéquat de l'affaire.
Il est démontré que les dysfonctionnements du parquet de Meaux à cette époque, notamment suite à une réorganisation, avaient entraîné des pertes de documents et un manque de traçabilité dans les communications. De nombreux magistrats avaient quitté leur poste, et les courriers importants étaient parfois détournés ou même détruits avant d'être vus.
Les experts en droit critiquent sévèrement un tel système qui semble avoir échoué à protéger les victimes. Un avocat spécialisé dans les droits des victimes a déclaré : "Cette affaire illustre parfaitement les failles de notre système judiciaire qui doivent être immédiatement corrigées pour protéger ceux qui en ont le plus besoin."
Ce rapport s'inscrit dans un contexte plus large où l'amélioration des processus judiciaires est devenue un impératif. Cela pourrait en effet entraîner des réformes significatives dans la gestion des preuves ADN et la traçabilité des enquêtes, afin d’éviter que de telles erreurs ne se reproduisent.







