Une enquête administrative ouverte suite au décès tragique de Caroline Grandjean a révélé, le 3 février dernier, de marquantes défaillances institutionnelles.
"Ce n'est pas avec de l'argent qu'on va me faire taire", a déclaré Christine Paccoud-Grandjean, la veuve de la directrice d'école, dans un entretien accordé à ICI Pays d'Auvergne. Caroline, âgée de 42 ans, s'est suicidée le 1er septembre 2025, à l'occasion de la rentrée scolaire. Quelques heures plus tôt, le ministre de l'Éducation nationale avait proposé une compensation financière à Christine Paccoud-Grandjean, un geste jugé insuffisant par cette dernière. "Je criaillerai jusqu'à ce que les responsables soient identifiés," a-t-elle insisté.
Pour Christine, cette offre semble davantage destinée à l'apaiser qu'à reconnaître la gravité des manquements. "Cette compensation, je l'interprète comme une tentative de 'faire taire' une voix pleine de douleur," a-t-elle ajouté, affirmant sa volonté de voir les responsables mis en cause.
Plainte déposée contre l'Éducation nationale
La situation de Caroline Grandjean, qui n'a pas bénéficié du soutien nécessaire de ses supérieurs, soulève des questions inquiétantes. L’enquête a révélé de d’importantes failles dans le système. Christine a porté plainte contre l'Éducation nationale pour harcèlement moral, justifiant son action par les alertes ignorées par la hiérarchie. Les syndicats avaient, plusieurs mois auparavant, tiré la sonnette d'alarme sur le risque pour sa santé mentale, un appel au secours resté lettre morte.
"Ces courriers, dont le contenu était clair quant à la mise en danger de la vie de Caroline, n'ont suscité aucune réaction de la part des responsables du ministère,” rappelle-t-elle, témoignant ainsi de l'inaction qui a pu contribuer à ce drame.
Ce témoignage soulève des interrogations sur la gestion des risques psychologiques au sein de l'Éducation nationale, un sujet qui mérite toute notre attention.







