L'entreprise Bonneval a décidé de contester un arrêté préfectoral des Vosges, autorisant Nestlé Waters à procéder à une filtration de 0,45 micron pour ses eaux Hépar et Contrex, un procédé que Bonneval estime incompatible avec l'appellation "eaux minérales naturelles".
Ce mardi 10 février, Bonneval a annoncé avoir déposé un recours, demandant des comptes à l'État après avoir déjà attaqué Nestlé pour "concurrence déloyale" l'an dernier. Cette nouvelle action vise à faire annuler l'arrêté du mois de décembre 2025, qui permet à Nestlé Waters une filtration sous le seuil réglementaire de 0,8 micron.
Une confusion pour le consommateur
Cette situation n'est pas sans rappeler un scandale plus large qui entoure Nestlé Waters, après la révélation de l'utilisation de traitements interdits, comme des filtres à charbon, jusqu'en 2021.
Selon des informations de France Bleu, ce géant du secteur a sérieusement modifié son approche avec le passage à une filtration à 0,2 micron, puis à 0,45 micron en 2025. Le consensus réglementaire est clair : l'eau minérale naturelle doit être pure à sa source. La nouvelle méthode de filtration, tout en étant moins intrusive que les précédentes, reste jugée excessive par ses concurrents.
Nestlé justifie cette autorisation par des études effectuées par les services de l'État et l'Agence régionale de santé (ARS), soulignant la rigueur de l'instruction et ses implications pour la sécurité de l'eau. "La filtration à un seuil de 0,45 micron est utilisée pour maîtriser le risque de relargage de particules fines", explique-t-elle dans un communiqué.
Cependant, Bonneval conteste ces résultats, qualifiant l'eau de Nestlé d'"eau du robinet vendue jusqu'à 150 fois plus cher" et assimilant cette filtration à une "désinfection". L'entreprise savoyarde met également en lumière la nécessité d'une plus grande transparence pour le consommateur, arguant que la confusion créée pourrait nuire à la confiance dans la réputation des eaux minérales naturelles.
Bonneval, qui a vendu 15 millions de bouteilles en 2025, a donné deux mois à la préfecture pour retirer sa décision avant de saisir le tribunal administratif de Nancy, consolidant ainsi une bataille juridique qui pourrait avoir des ramifications profondes pour l'industrie de l'eau en bouteille en France.







