Les travailleurs frontaliers, qui résident en France mais exercent leur activité à l'étranger, perçoivent leur allocation chômage selon les règles françaises, ce qui engendre un surcoût considérable pour l'État. En effet, l'indemnité est calculée selon le salaire étranger, souvent supérieur à celui en France. Ce sujet est au cœur des préoccupations du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui s'apprête à discuter du thème lors d'un conseil des ministres à Chypre.
Les frontaliers, ces Français qui partent gagner leur vie à l'étranger, notamment en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg, représentent un défi pour la France. Actuellement, on dénombre environ 400.000 Français travaillant en Suisse, 120.000 au Luxembourg et 40.000 en Belgique. Les français à l'étranger profitent de salaires plus élevés, ce qui exacerbe le déclassement économique de la France, comme le souligne l'économiste Pierre Cahuc dans Le Monde.
Le solde net à régler est de 800 millions d'euros par an
La directive européenne régissant ces allocations se révèle défavorable pour la France. En effet, elle stipule que l'indemnisation doit être effectuée par le pays de résidence, tout en prévoyant une compensation de l'employeur étranger. Ce dispositif, associé à des salaires nettement plus élevés à l'étranger, met la France dans une position financière précaire. En 2023, l'allocation moyenne d'un frontalier travaillant en Suisse était de 2.670 euros par mois, soit plus du double de l'indemnité perçue par un salarié français en situation de chômage, qui ne dépasse pas 1.265 euros par mois selon l'Unédic.
Le coût total pour la France s'élève à près d'un milliard d'euros par an, alors que seules 200 millions d'euros sont récupérées via les compensations offertes par des pays comme la Suisse. Cela signifie qu'il reste un solde net de 800 millions d'euros, une somme qui nécessite une attention immédiate des décideurs politiques français.Paris travaille à modifier ce cadre régissant l'indemnisation. Cependant, les récentes turbulences politiques compliquent la situation. Le gouvernement propose de baser les allocations sur les salaires français, peu importe ceux perçus à l'étranger. Un changement qui requiert une majorité au sein du Conseil européen, une tâche ardue en raison des divergences entre les États membres. Les espoirs d’une réforme se concentrent désormais sur Jean-Pierre Farandou et sa capacité à rallier un soutien suffisant.







