Moussa Mara, qui a été à la tête du gouvernement malien pendant une période de transition en 2014-2015, se retrouve désormais derrière les barreaux. Interpellé en août 2025 après avoir exprimé sur les réseaux sociaux son soutien à des prisonniers politiques, il a été condamné en appel à deux ans de prison, dont un ferme, ainsi qu'à une amende de 500 000 francs CFA (environ 762 euros) pour « atteinte au crédit de l’Etat et opposition à l’autorité légitime ».
Le jugement rendu par la cour d'appel de Bamako ne fait que confirmer une décision antérieure prononcée par une juridiction spécialisée dans la cybercriminalité. L'avocat de M. Mara, Mountaga Tall, a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) : « Nous n’allons pas baisser les bras. Nous allons nous concerter et nous pourvoir en cassation. »
Mara, qui a visiblement pris le risque de soutenir des « détenus d’opinion », a indiqué sur sa page que ces derniers obtiendraient justice un jour. Son incarcération a attiré l'attention d'organisations internationales telles qu'Amnesty International, qui a exprimé ses préoccupations. Dans un communiqué, Marceau Sivieude, directeur régional d'Amnesty pour l'Afrique de l'Ouest, a évoqué des « accusations fallacieuses et motivées par des considérations politiques », appelant les autorités à annuler la condamnation.
Mesures répressives
Le pays, sous la coupe d'une junte militaire depuis deux coups d'État en 2020 et 2021, a intensifié la répression des voix critiques et des médias indépendants. Des partis politiques et des organisations ont également été dissous, remettant en question l'engagement du gouvernement dirigé par le général Assimi Goïta à restituer le pouvoir aux civils d'ici mars 2024. En juillet 2025, un mandat présidentiel renouvelable indéfiniment a été accordé à M. Goïta, éloignant le Mali de toute transition démocratique.
Le Mali est en proie à une crise sécuritaire complexe depuis 2012, alimentée par les violences de groupes extrémistes et une détérioration économique significative. Ce contexte de troubles a rendu crucial le combat pour la liberté d'expression et le respect des droits humains dans le pays.







