Bonneval Emergence, un acteur local dans le secteur des eaux minérales, a récemment lancé une action légale contre des arrêtés préfectoraux émis par les Vosges et le Gard. Ceux-ci permettent à Nestlé Waters d'employer des filtres désinfectants pour traiter les eaux qu’elle commercialise comme étant « naturelles ». Dans un communiqué publié ce mardi, l'entreprise savoyarde a exprimé ses préoccupations quant à cette autorisation.
Selon Bonneval, ces règlements créent une confusion pour le consommateur car ils rendent difficile la distinction entre une eau traitée industriellement et celle qui provient directement de la nature
. Dans la documentation que l'agence AFP a pu consulter, Bonneval a averti les préfectures que si les arrêtés ne sont pas annulés dans un délai de deux mois, elle se réserve le droit de saisir la justice administrative.
Nestlé Waters au cœur d’un scandale
Cette affaire intervient dans un contexte délicat pour Nestlé Waters, qui a fait l'objet de critiques depuis le début de l'année 2024, après avoir reconnu avoir utilisé dans le passé des traitements proscrits, tels que le charbon et l'ultraviolet, pour ses eaux. En réponse, le géant alimentaire a mis en place un système de microfiltration à 0,2 micron, mais cette méthode fait également l'objet de controverses. Les réglementations stipulent que l'eau minérale naturelle doit rester exempt de tout traitement pouvant altérer ses caractéristiques, sauf pour certaines exceptions liées à l'élimination de métaux nocifs.
Bonneval Emergence a fermement dénoncé cette approbation des arrêtés préfectoraux, soulignant que cela permettrait effectivement la commercialisation d'une eau filtrée sous la même étiquette que l'eau de source, mais à un prix largement supérieur. En validant l'usage de cette microfiltration, on ouvre la porte à la vente d'une eau comparable à de l'eau du robinet, facturée jusqu'à 150 fois plus cher
, a alerté l'entreprise.
En octobre, Bonneval a également assigné Nestlé Waters devant le tribunal de Nanterre, réclamant plus de 1,3 milliard d'euros pour préjudice économique. Ce conflit met en lumière les tensions au sein du secteur des eaux en bouteille, alors que les consommateurs sont de plus en plus vigilants quant à la provenance et à la qualité de l'eau qu'ils consomment.
Contactée par AFP, Nestlé Waters a réagi en estimant que les accusations qui lui sont portées sont totalement infondées
et a promis de défendre vigoureusement sa position
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