Le Parlement européen a voté, le 10 février, deux textes majeurs visant à renforcer la politique migratoire de l'Union européenne. Ce vote a été réalisé grâce à une coalition inédite entre les partis de droite et d'extrême droite, et permet aux États membres de renvoyer des demandeurs d'asile vers des nations considérées comme "sûres", même s'ils n'y sont pas originaires.
Ce modèle d'expulsion, d'abord mis en expérimentation par la Première ministre italienne Giorgia Meloni, que l'on peut observer avec la mise en place de centres d'accueil en Albanie, est désormais facilité par cette législation. Toutefois, cette approche soulève de vives inquiétudes chez les ONG et les partis de gauche, qui dénoncent le risque de violation des droits humains pour les migrants renvoyés.
« Cette mesure représente un pas de plus vers la déshumanisation de la politique migratoire européenne », a réagi l'eurodéputée écologiste Mélissa Camara, en regrettant que la dignité des demandeurs d'asile soit mise à mal. De son côté, la Commission européenne insiste sur le fait que les pays concernés doivent respecter les droits fondamentaux des migrants.
Création d'une liste de pays sûrs
Une autre mesure phare de cette législation est l'établissement d'une liste de pays jugés "sûrs" par l'UE, ce qui limitera les possibilités d'asile pour leurs ressortissants. Cette liste inclut des nations comme le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l'Égypte, l'Inde, le Maroc et la Tunisie, visant à accélérer les procédures de demande d'asile et faciliter donc les rapatriements.
« Les citoyens attendent de nous que nous respections nos engagements en matière de politique migratoire, et c'est exactement ce que nous faisons aujourd'hui », a affirmé l'eurodéputée conservatrice Lena Düpont durant le débat. Cette législation répond à des pressions croissantes alors que les entrées irrégulières en Europe ont diminué d'environ 25 % par rapport à l'année passée, sans apaiser le climat de tension politique sur ce sujet crucial.
Alors que le paysage politique européen se déplace vers la droite, les dirigeants semblent vouloir adopter des positions de plus en plus strictes en matière d'immigration, provoquant de nombreuses discussions sur les implications à long terme de ces politiques sur les droits des migrants.







