En janvier, les exportations de Taïwan ont connu une hausse sans précédent, atteignant le niveau le plus élevé en seize ans. Selon le ministère des Finances, les ventes à l'étranger ont grimpé de 69,9 % par rapport à l'année précédente, atteignant 65,77 milliards de dollars (environ 55,3 milliards d'euros). Si le nombre de jours ouvrables a joué un rôle, cette tendance haussière est censée perdurer, avec une prévision de croissance de 20 à 27 % pour février.
En 2025, les exportations totales devraient atteindre 640 milliards de dollars, marquant une augmentation de 35 %. Taïwan, revendiqué par la Chine, se positionne ainsi comme un acteur incontournable dans la course à l'intelligence artificielle. Des entreprises telles que TSMC fournissent des composants essentiels à des géants comme Nvidia et Apple.
Malgré ces résultats impressionnants, la prospérité n'est pas également répartie entre la population. Environ 10 % des Taïwanais détiennent une part significative des richesses produites dans le pays. Ce paradoxe est au cœur des préoccupations, alors que la croissance affichée est la meilleure depuis une décennie.
Explosion des échanges vers Washington
Les exportations vers les États-Unis ont bondi de 152 % en janvier, s'élevant à 21,28 milliards de dollars. Cette augmentation se produit malgré les droits de douane mis en place dont les fabricants de semi-conducteurs sont, pour l’instant, exemptés. Cette dépendance de l'économie américaine à l'importation de semiconducteurs taïwanais est remarquée surtout avec l'accroissement des investissements dans l'IA.
"Une réduction du déficit commercial des États-Unis d'ici 2025 semble peu probable, même avec les droits de douane. Cela est dû à une hausse des importations exemptées comme les semi-conducteurs", commente l'économiste Brad Setser du Council on Foreign Relations.
Le mois dernier, Washington a consenti à diminuer les tarifs douaniers sur les produits taïwanais à 15 % dans le cadre d'un accord commercial, bien que l'administration Trump ait tenté de persuader Taïwan de relocaliser une partie de sa production de semi-conducteurs sur le sol américain. Une pression jugée inacceptable à Taipei, qui entend maintenir sa position stratégique sur le marché mondial face à l'expansion chinoise.







