Le tribunal administratif de Nîmes a statué récemment en demandant au maire de Robion d'enlever une croix en bois installée sur les hauteurs de la commune, arguant qu'elle a été érigée après la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Cette croix, connue sous le nom de "Croix de Corilou", a suscité une vive réaction au sein de la population locale. En 2022, l'association de la Libre Pensée, qui défend la laïcité, avait déjà sollicité le retrait de cette croix, plaidant pour la "restauration de la neutralité de l’espace public". Le maire, lui, avait refusé leur demande, entraînant une longue procédure judiciaire qui a finalement conduit à cette décision.
Une histoire en désaccord
La décision du tribunal a divisé les habitants de Robion. Pour certains, comme Catherine, la nouvelle est perçue comme une ingérence inadéquate. "Oh mais ils nous font suer ! Je ne comprends pas !" exprime-t-elle, reflétant le mécontentement de nombreux citoyens. D'autres, comme Véronique, n'étaient même pas au courant de l'existence de la croix, mais regrettent déjà de la voir disparaitre : "Ce serait dommage de l'enlever. Si elle a été érigée, c'est qu'il y a sûrement une histoire derrière cette croix."
Une croix ancrée dans l'histoire
Le maire, Patrick Sintes, défend avec ferveur le caractère mémoriel de cette croix, évoquant son rôle dans l'histoire locale. Selon lui, elle a été restaurée après l'assassinat d'une jeune femme du village en 2017, ajoutant ainsi une dimension tragique et humaine à son existence. Il se questionne : "En quoi cette croix gêne-t-elle ?"
La législation en question
En revanche, Jacques Fassié, secrétaire départemental de l'association La Libre Pensée, oppose une vision différente. Pour lui, c'est une question de respect des droits de chacun. "Il est important de rappeler que tout le monde n'est pas catholique à Robion, et de telles installations religieuses n'ont pas leur place dans l'espace public", souligne-t-il. Le débat s'intensifie également autour de la date d'installation de la croix. Alors que le maire considère qu'il pourrait être difficile d’établir une date précise, l'association insiste sur le fait qu'elle a été installée après la loi de 1905, ce qui serait constitutif d’une infraction.
Cette affaire révèle ainsi des tensions profondes entre tradition et laïcité, mais aussi des divergences au sein de la communauté locale, mettant en lumière la complexité de la question religieuse sur le territoire français.







