Autisme : la psychanalyse écartée par la Haute Autorité de santé

La psychanalyse face à l'autisme : une rupture nécessaire selon les experts.
Autisme : la psychanalyse écartée par la Haute Autorité de santé
La HAS préconise plutôt des approches dites comportementales et développementales, insistant sur la nécessité de les engager au plus tôt chez les enfants et de les personnaliser (illustration). - M. Morones/AP/SIPA

Dans une mise à jour significative, la Haute Autorité de santé (HAS) a officiellement déconseillé l'usage de la psychanalyse dans le traitement de l'autisme. Cette annonce marque une étape charnière dans le débat qui oppose depuis des années des familles concernées et des professionnels de santé, notamment des psychiatres et des psychologues, sur l’efficacité de cette approche thérapeutique. Il est à noter qu'aucune mise à jour majeure n’avait été publiée par la HAS sur ce sujet depuis 2012.

Actuellement, l'autisme concerne entre 1 % et 2 % de la population, englobant une gamme variée de manifestations, allant de difficultés relationnelles à des comportements répétitifs. Cette situation complexe a mené à une polarisation des opinions sur la nécessité d’une approche psychanalytique qui, selon ses détracteurs, ne répond pas aux caractéristiques spécifiques des troubles autistiques.

Une remise en question nécessaire

Les associations de familles, telles qu'Autisme France, s'insurgent contre l'importance accordée à la psychanalyse dans le parcours de soin, la jugeant inadaptée et sans bénéfice réel. Danièle Langlois, présidente d'Autisme France, déclare : "Les familles rencontrent souvent des professionnels imprégnés de psychanalyse, ce qui limite les options réellement bénéfiques pour leurs enfants".

En revanche, de nombreux professionnels estiment qu'une condamnation générale de la psychanalyse serait prématurée. Ils pointent la complexité d’évaluer scientifiquement les diverses pratiques psychothérapeutiques et soulignent l'importance de la pluralité des approches dans le traitement.

Vers des solutions adaptées

Les nouvelles recommandations de la HAS privilégient des interventions comportementales et développementales. Ces méthodes doivent être mises en œuvre aussi tôt que possible dès qu’un trouble autistique est suspecté, et être adaptées selon le profil spécifique de chaque patient.

Amaria Baghdadli, psychiatre et coprésidente du groupe de travail de la HAS, rappelle que "il n’existe pas de solution unique, mais il est crucial d’individualiser les soins en fonction des besoins de chaque personne". Ce changement d'orientation, bien que salué par certains experts, soulève des interrogations quant aux pratiques actuelles et futures des professionnels de santé.

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