La célèbre Sophie la girafe, un incontournable pour de nombreux bébés, n'est pas entièrement confectionnée dans l'usine Vulli en Haute-Savoie. En réalité, une partie de sa production a été transférée en Chine depuis 2013.
Ce jouet en caoutchouc, longtemps considéré comme un symbole du made in France, a vu son image écornée suite à un article du site Mediapart, paru le 3 mai. Ce rapport révèle que la délocalisation a débuté en 2013, brisant ainsi le mythe qui entoure Sophie la girafe, produite par l'entreprise Vulli.
Pour justifier cette situation, Vulli, qui revendique la vente d'une quantité de Sophie équivalente au nombre de naissances annuelles en France, explique que les « girafes 'nues' » sont fabriquées en Chine depuis plusieurs années. Alain Thirion, le directeur de Vulli, a précisé, lors d'un entretien avec l'AFP, que toutes les girafes subissent un contrôle qualité en France avant d'être commercialisées.
Les contraintes de production ont, selon lui, conduit à cette délocalisation. Il a admis que la production à l'usine de Saint-Nabord dans les Vosges n'était plus en mesure de répondre à la demande. Malgré cela, il espère un retour à une fabrication 100 % française une fois que la société aura modernisé ses procédés. « Nous sommes actuellement en discussions avec la DGCCRF concernant le terme 'made in France', » a-t-il ajouté.
Une enquête en cours
À Rumilly, la désillusion est palpable parmi les habitants et les parents, alors que Sophie la girafe est considérée comme un emblème du made in France dans cette région. Une statue géante de trois mètres de ce jouet marque l'entrée de l'usine. Véronique, une mère de famille, a exprimé sa déception : « J'ai acheté Sophie la girafe car c'est made in France, c'est à côté. Je trouvais ça super. »
Elle souligne également son engagement à choisir judicieusement ce qu'elle achète, se sentant trahie : « C'est un peu dommage, je suis un peu tombée des nues. »
Suite à ces révélations, la DGCCRF a ouvert une enquête. Tromper l'origine d'un produit pourrait constituer une pratique commerciale déloyale, avec des sanctions pouvant atteindre jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires. Cette situation soulève de nombreuses questions sur la transparence dans le secteur du jouet et la véritable signification de l'étiquette « made in France ».







