La diplomatie russe a lancé un appel aux ressortissants étrangers présents à Kiev, y compris au personnel diplomatique, les incitant à quitter la ville avant de potentielles nouvelles frappes de l'armée russe. Cette demande survient alors que Kiev a répondu en exhortant à "ne pas céder au chantage russe".
Ce message alarmant suit une série de frappes massives sur l'Ukraine, notamment sur la capitale, causant au moins quatre décès et une centaine de blessés durant le week-end. Les forces russes ont utilisé le missile de pointe, l'Orechnik, pour la troisième fois depuis le début du conflit, marquant une intensification de la situation militaire.
Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a mis en garde contre de futures frappes ciblant des "centres de décision" et des entreprises militaires à Kiev, sans toutefois préciser leur échéance. "Nous conseillons aux étrangers, y compris aux membres des missions diplomatiques et des organisations internationales, de quitter la ville dès que possible. Nous alertons également les habitants de ne pas se rapprocher des infrastructures militaires et administratives", a-t-il déclaré.
Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a même recommandé aux États-Unis d'évacuer leur ambassade à Kiev, lors d'une conversation avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Cela a été rapporté par le ministère russe, qui a insisté sur l'importance d'assurer la sécurité des ressortissants étrangers.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a immédiatement réagi en appelant les alliés à ne pas fléchir devant les menaces et à renforcer leur aide à l'Ukraine, notamment en fournissant davantage d'armements. La France, de son côté, a balayé d'un revers de main ces avertissements, affirmant que les diplomates français ne quitteraient pas Kiev. "Depuis longtemps, nous sommes habitués aux menaces de Poutine. Il est hors de question d'évacuer nos diplomates", a affirmé un représentant du ministère des Affaires étrangères français.
Le communiqué russe a également mentionné une frappe ukrainienne sur un dortoir scolaire à Starobilsk, une ville sous occupation, qui aurait causé la mort de 21 personnes, principalement des adolescents. Cette attaque, décrite comme "sanglante" et "délibérée", aurait été la goutte d'eau pour Moscou. Les forces ukrainiennes, quant à elles, ont clamé avoir ciblé plusieurs installations militaires dans cette région.
Des témoignages des survivants et des familles des victimes de cette tragédie ont été relayés par les médias russes, ajoutant une dimension humaine à ce conflit qui s'intensifie.
Rappelons que la Russie avait déjà appelé à l'évacuation des diplomates étrangers avant les célébrations du 9-Mai à Moscou, menaçant de représailles si des troubles survenaient durant les commémorations de la victoire sur l'Allemagne nazie. Par le passé, un cessez-le-feu temporaire avait été instauré suite à ces tensions, mais l’ombre de l'escalade demeure omniprésente.







