La recherche désespérée de survivants se prolonge ce dimanche au Venezuela, plus de 72 heures après le double séisme ayant fait au moins 1.430 victimes et plus de 50.000 disparus. Ce drame suscite colère contre les autorités locales et une réponse internationale grandissante.
« En théorie, les corps sont désormais sans vie, mais par miracle, nous trouvons parfois des survivants », a déclaré un secouriste salvadorien à Playa Grande, près de La Guaira, cité côtière proche de Caracas.
Un merveilleux exemple est celui d'un jeune garçon de 11 ans, sauvé à Caraballeda, dont chaque vie retrouvée représente un espoir pour le pays. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a partagé une vidéo de son sauvetage sur X.
La veille, des habitants de La Guaira ont également sauvé un nourrisson, suscitant des larmes d’émotion chez un homme tenant le bébé dans ses bras.
Les séismes, d'une magnitude de 7,2 et 7,5, ont dévasté le nord du Venezuela, laissant derrière eux de nombreux bâtiments effondrés, notamment à La Guaira. Selon des informations du président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, le bilan actuel fait état de 1.430 morts et 3.238 blessés.
Cependant, ce chiffre pourrait encore s'alourdir, alors que plus de 50.000 personnes sont portées disparues, comme l’a indiqué Tom Fletcher, responsable de l'aide humanitaire de l'ONU.
Dimanche, le pape Léon XIV a exprimé sa solidarité envers les victimes vénézuéliennes. « Soyez assurés de nos prières », a-t-il déclaré au Vatican.
- "À la seule force des bras" -
Avant l'arrivée des premiers secouristes étrangers, les Vénézuéliens ont dû fouiller les décombres avec leurs propres mains, souffrant du manque d'équipement approprié dans un pays au bord du naufrage économique.
À La Guaira, autour d'un hôtel effondré, une chaîne humaine de dizaines de personnes se passe des débris. Luis Flores, commerçant de 54 ans, a expliqué : « C’est très difficile. On fait tout ça à la seule force des bras. » Ils ont réussi à extraire quatre survivants et découvert trois corps sans vie.
Barbara Palacios, 34 ans, attend désespérément son mari, Jonathan Suarez, bloqué sous les décombres. Exaspérée par l'absence de soutien gouvernemental, elle a bloqué la route principale pour signaler la situation inquiétante.
Craig Demeillon, un secouriste australien résident à Miami, a déclaré : « Ce sont principalement des habitants qui fouillent avec des outils rudimentaires. »
- "Il faut un permis pour sauver des vies" -
La situation est encore aggravée par les restrictions imposées par le gouvernement, rendant l'accès à La Guaira difficile. Les bénévoles doivent obtenir un laissez-passer pour entrer, ce qui entraîne une franche colère au sein de la population.
« Il faut un permis pour sauver des vies. C'est ridicule », a commenté Carlos Itriago, 27 ans, après avoir attendu des heures pour pouvoir secourir d'autres sinistrés.
Yessica Mendoza a dû porter elle-même le corps de sa fille à la morgue de Caracas après la perte tragique de deux proches. « Nous avons tout sorti nous-mêmes. Aucune aide n’est jamais arrivée », a-t-elle confié à l'AFP.
- Près de sept millions de personnes affectées -
Face à l'indignation grandissante, la présidente Delcy Rodriguez a remercié les pays étrangers pour leur aide précieuse. Vingt-quatre nations ont envoyé 521 tonnes de matériel et des milliers de secouristes pour la mission de sauvetage.
Les efforts internationaux, tels qu’une équipe espagnole ayant sauvé un quinquagénaire, montrent la solidarité face à cette catastrophe.
Le président salvadorien Nayib Bukele partage continuellement des images de ses secouristes, soulignant leurs succès dans le sauvetage de survivants.
L'aéroport de Caracas a rouvert une piste pour accueillir des vols d'aide humanitaire américaine, avec près de 250 secouristes civils américains déployés.
Les Nations Unies estiment que près de sept millions de personnes sont touchées, avec des dommages évalués à près de sept milliards de dollars, soit environ 6 % du PIB du pays. Parmi les victimes figurent également des ressortissants de plusieurs nationalités, indiquant l'ampleur de cette tragédie.
Le Venezuela, pays à risque sismique, n'avait pas connu un tremblement de terre majeur depuis plus de deux décennies, mais cette catastrophe rappelle la vulnérabilité de ses infrastructures.







