Au terme d'une semaine de coupure totale de connexion, les autorités iraniennes annoncent le rétablissement imminent de l'accès à Internet. Cette mesure de blackout, selon les ONG, aurait eu pour but de dissimuler une répression qui aurait fait plus de 5 000 victimes, un chiffre largement sous-évalué par les autorités.
Le directeur de la société iranienne de télécommunications, Behzad Akbari, a déclaré aux médias locaux que la connexion serait restaurée « aujourd'hui ou demain ». Selon l'agence de presse Fars, cette décision a été entérinée par le Conseil suprême de la sécurité nationale. Cependant, il y a des indications que des défis techniques pourraient ralentir le processus, a rapporté un responsable non identifié du ministère des Communications.
Une brève restauration d'Internet a été observée, mais a été rapidement interrompue, ce que l'ONG NetBlocks a corroboré. Au cœur des préoccupations, des critiques énoncent que cette coupure visait à masquer des violences policières, impliquant un nombre alarmant de morts.
Samedi, Yousef Pezeshkian, fils du président iranien et conseiller à la présidence, a exhorté le gouvernement à rétablir l'accès à la connectivité, arguant qu'une diffusion d'images de la répression serait inévitable. Pour lui, le maintien du blackout « creusera le fossé entre le peuple et le gouvernement » et provoquera davantage de mécontentement.
Des pertes humaines considérables
L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a récemment confirmé 5 002 décès liés aux manifestations, dont 4 714 manifestants. Cependant, cette enquête reste en cours, compliquée par la coupure d'Internet. De son côté, l'ONG norvégienne Iran Human Rights (IHR) a évoqué un chiffre encore plus alarmant de 3 428 manifestants décédés, tout en craignant que le total ne parvienne à 25 000 morts.
Mercredi, les autorités iraniennes ont donné un bilan officiel de 3 117 morts, dont 2 427 sont considérés comme « martyrs », une catégorisation qui inclut des membres des forces de sécurité et des citoyens qui n’étaient pas impliqués dans les émeutes. Ces chiffres minimisés contrastent avec les témoignages des groupes de défense des droits humains et soulèvent des questions sur la transparence et la vérité des statistiques officielles.







