Les électeurs thaïlandais se sont rendus aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées, une élection dont le climat est teinté par des préoccupations économiques cruciales et un conflit persistant avec le Cambodge. Parmi les candidats, le parti réformiste, connu pour avoir un large soutien populaire, semble favori, mais les tensions géopolitiques préoccupent de nombreux électeurs au moment de voter.
La situation économique morose pèse fortement sur ce scrutin. « La priorité pour le prochain gouvernement doit être l改善 de l'économie », a déclaré Khunpueng Chabankoh, une électrice de 44 ans, à l'AFP. Ancienne restauratrice, elle a dû changer de profession après avoir accumulé d'importantes dettes.
Actuellement, la Thaïlande, qui compte environ 53 millions d’électeurs, peine à rivaliser avec la croissance rapide du Vietnam, tandis que son secteur touristique, vital pour son économie, n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Le parti du peuple, en tête dans les sondages, pourrait cependant être freiné dans sa quête de majorité absolue, dû à une possible alliance entre le parti conservateur Bhumjaithai et le populiste Pheu Thai, selon les experts.
Le Premier ministre sortant, Anutin Charnvirakul, semble bien parti pour conserver son poste, malgré la tourmente politique : son gouvernement a déjà traversé plusieurs crises entraînant des dissolutions de partis. En effet, l'électorat devra également faire face à la gestion d’un conflit transfrontalier avec le Cambodge. Yaowapa Panomram, une électrice de 63 ans, a exprimé des craintes face aux tensions persistantes : « Chaque fois que des affrontements éclatent, cela crée un climat de détresse. Nous aspirons à la paix tout en protégeant notre souveraineté ».
Le Bhumjaithai a misé sur des promesses nationalistes, espérant séduire les voix des électeurs ce dimanche. En parallèle, le Parti du peuple, plébiscité par la jeunesse, revendique des changements majeurs, tels que la fin de la conscription militaire et la réduction de l'influence des généraux en politique.
Les résultats de cette élection s’annoncent déjà évocateurs de précédents récents : le Parti Move Forward, successeur du Parti du peuple, avait connu un succès inattendu lors des élections précédentes, mais avait vu son candidat à la tête du gouvernement écarté par des manœuvres parlementaires. Le Pheu Thai, quant à lui, pourrait jouer un rôle déterminant en cette période de transition politique, cherchant à maintenir son influence sur la scène politique thaïlandaise.
Enfin, depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, le royaume a connu non seulement de fréquents coups d'État militaires, mais également des dissolutions de partis tels que le Pheu Thai, qui continue d'influencer significativement la politique, avec des figures emblématiques, comme la fille de l’ancien Premier ministre Thaksin, Paetongtarn Shinawatra, qui a été remplacée récemment. L'absence de mesures concrètes pour une réforme constitutionnelle soulève des inquiétudes quant à l'avenir de la démocratie en Thaïlande.







