Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé, le lundi 30 mars, que le patriarche latin de Jérusalem allait bénéficier d'un accès immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre. Cette décision survient après qu'il a été empêché la veille par la police israélienne de s'y rendre pour célébrer la messe des Rameaux, entraînant une vive réaction à l'international.
Sur le réseau social X, M. Netanyahu a déclaré: "J'ai ordonné aux autorités compétentes de donner au cardinal Pierbattista Pizzaballa un accès total et immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre," s'exprimant sur la nécessité de garantir la sécurité des lieux saints.
Israël avait justifié l'interdiction d'accès pour des raisons de sécurité, en appelant les fidèles chrétiens, juifs et musulmans à se "tenir temporairement à l'écart" des sites religieux. Selon le Premier ministre, des menaces récentes, notamment des "missiles balistiques" d'origine iranienne, avaient accru le risque pour ces lieux sacrés.
"Pour la première fois depuis des siècles, les chefs de l'Eglise ont été empêchés de célébrer la messe," a exprimé un communiqué du Patriarcat latin de Jérusalem.
Les autorités ecclésiastiques, dont le cardinal Pierbattista Pizzaballa, ont connu des difficultés pour accéder à la basilique. Ce profil d'événements a été qualifié de "grave précédent" par les autorités religieuses, témoignant du mépris pour la sensibilité des croyants à travers le monde en cette semaine sainte.
Le mois sacré du Ramadan a également vu des restrictions imposées, interdisant les grandes rassemblements, même dans les synagogues, églises et mosquées. Les déclarations du gouvernement israélien invoquent une "zone complexe" qui complique l'accès rapide aux secours en cas d'incident
Une zone complexe
Au début de mars, des débris de missiles avaient été retrouvés à proximité des lieux saints, suscitant davantage d'inquiétudes sur la sécurité des fidèles. M. Netanyahu a assuré qu'il n'y avait pas d'intention malveillante, mais uniquement une préoccupation pour la sécurité du cardinal.
Les forces de sécurité israéliennes ont été invitées à élaborer un plan pour permettre aux responsables religieux de prier dans les prochains jours, compte tenu de la semaine sainte imminente.
Une offense pour les croyants
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a vivement critiqué cet événement, le qualifiant d'"offense" aux droits religieux, tandis qu'Emmanuel Macron a dénoncé une "décision inacceptable" qui aggrave des violations répétées du statut des lieux saints.
Le Dimanche des Rameaux, marquant le début de la Semaine sainte, commémore la montée du Christ à Jérusalem, accueilli par une foule enthousiaste, à quelques jours de sa crucifixion et de sa résurrection.
L'érosion de la population chrétienne en Terre sainte s'avère problématique; d'après les données du Patriarcat latin, les chrétiens ne constituaient plus que 2% de la population en 2023, contre plus de 18% lors de la création d'Israël en 1948.
Amman a exprimé des préoccupations quant à une "violation manifeste" des traditions religieuses, réclamant la fin des restrictions d'accès aux lieux de culte. La procession traditionnelle du Dimanche des Rameaux, qui attire chaque année de nombreux fidèles, a été annulée, mais des chrétiens palestiniens se sont rassemblés au monastère Saint-Sauveur pour prier.
En réflexion sur la souffrance des chrétiens au Moyen-Orient, le pape Léon XIV a exprimé des mots d'encouragement, incitant à un amour inébranlable en cette période de conflit et d'attente de paix.
Le cardinal Pizzaballa a conclu: "La guerre n'effacera pas la Résurrection... nous sommes appelés à témoigner d'amour qui ne renonce jamais."







