Samedi nuit, un gang a frappé Petite-Rivière-de-l'Artibonite, entraînant la mort d'au moins 16 personnes, selon des sources locales, même si l'ONU évoque jusqu'à 80 victimes dans cette tragédie.
Les violences ont éclaté aux alentours de trois heures du matin, lorsque des membres du gang ont incendié des maisons, laissant leurs occupants piégés à l'intérieur. Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a rapporté à l’AFP que ceux qui tentaient de fuir étaient abattus, et d'autres exécutés à bout portant. Ce soir-là, les cris de détresse résonnaient dans les rues, illustrant l'ampleur de la barbarie.
La police locale, au départ, a confirmé 16 décès, mais le procureur Venson François prévoit une augmentation du bilan. Ce dernier a souligné la difficulté d'accéder aux lieux des drames. « Je crains qu'il y ait plus de victimes », a-t-il dit, surtout en raison de la proximité d'une fête populaire qui aurait pu encourager une telle violence.
Le porte-parole de la Commission de dialogue, de réconciliation et de conscientisation pour sauver l’Artibonite, Bertide Horace, a désigné le gang « Gran Grif » comme étant celui derrière ces atrocités.
Une situation critique en Haïti
Lors d'une conférence de presse, Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU, a qualifié de « grave » la situation sécuritaire en Haïti, dont le bilan des violences a atteint un niveau alarmant. « L'ONU appelle à une enquête approfondie pour élucider ces tragédies », a-t-il déclaré.
Un rapport récent du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a révélé que plus de 5 500 personnes ont déjà perdu la vie en Haïti en raison des violences de gangs depuis mars 2025 jusqu'à janvier dernier. Ce climat de terreur persistant a fait de ce pays le plus pauvre d'Amérique une proie facile pour la criminalité, engendrant meurtres, viols, pillages et enlèvements.







