« Cette gouvernance n’est pas transpartisane. Elle néglige l’histoire de l’agglomération d’Agen car des communes comme Bon-Encontre et Pont-du-Casse, qui représentent plus de 20 000 habitants et des enjeux économiques considérables, sont mises à l’écart. J’accepte le résultat du vote mais déplore le déséquilibre territorial », a déclaré Laurence Lamy, maire de Bon-Encontre.
Ce conseil communautaire, animé par Olivier Grima, président de l’agglomération, a été le théâtre d’une réflexion sur un nouvel axe de gouvernance : un tournant vers la ruralité. « Depuis l’intégration de la Communauté de communes Porte d’Aquitaine en Pays de Serres en 2022, notre agglomération a renforcé son caractère rural, et nous devons en tenir compte », a-t-il affirmé, tout en excluant toute politisation de la gouvernance.
« La voirie est une question quotidienne préoccupante. »
La voirie, un enjeu crucial
Ce nouvel accent mis sur la ruralité se reflète dans le budget, avec une augmentation notable du Fonds de solidarité territoriale, qui passera de 30 à 40 euros par habitant. L’agglomération a aussi prévu une provision sur trois ans, d’un million d'euros, pour gérer les risques naturels, un sujet qui sera précisé lors du prochain bureau communautaire du 7 mai.
Les communes rurales expriment des préoccupations. Les maires de Saint-Sixte et Beauville ont souligné que la flambée des prix des matériaux rendait difficile tout investissement : « Certaines augmentations ont atteint 25%, rendant les projets presque impossibles », ont-ils plaidé. Leur capacité d’autofinancement est en outre très limitée, rendant le Fonds de solidarité territoriale, qui n’est accessible qu’en cas d’investissement, peu utile.
« La voirie demeure une préoccupation permanente. L'agglomération, bien que compétente en matière de quartiers prioritaires, n’accorde pas le même poids à la ruralité », a ajouté le maire de Beauville, une opinion qui trouve écho chez de nombreux élus.
23 millions d'euros d'investissements annuels
Avec un objectif de maintien d'une gestion budgétaire saine, Olivier Grima souligne l'importance de ces investissements, prévoyant 23 millions d'euros chaque année pour soutenir développement et investissements. Cependant, il insiste sur le respect d'un taux d'épargne brute supérieur à 20% et une capacité de désendettement de 7 à 10 ans, entourant cette stratégie de précautions face aux incertitudes économiques actuelles.
Les enjeux de mobilité, des grands projets comme la LGV et la gestion de l'eau ont également été évoqués, promettant un débat plus riche lors des prochaines concertations. Les élus s’accordent sur la nécessité d’un débat contradictoire pour réparer les tensions instaurées et revendiquer une meilleure représentativité des zones rurales dans les futures décisions.







