Suite à la découverte, dans le Gers, d'un corps suspecté d'être celui de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai, une réunion cruciale se tient vendredi à Matignon pour évaluer les possibles erreurs judiciaires entourant cette affaire très médiatisée.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu qui devait initialement se rendre à la prison de Vendin-le-Vieil a finalement choisi de réunir les ministres concernés, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, à Matignon dès 10H30, afin de faire un point sur la situation. Les discussions porteront notamment sur le traitement des plaintes pour viols lancées contre le principal suspect, considéré comme le principal développeur de cette tragédie.
L'annonce de la découverte a été faite par le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, précisant qu'un corps d'enfant, habillé de vêtements similaires à ceux portés par la mineure lors de sa disparition, a été retrouvé sur une exploitation agricole près de Puycasquier. Une autopsie est prévue pour identifier formellement la victime et déterminer les causes de la mort.
Le principal suspect, Jérôme B., âgé de 41 ans, avait des liens avec la victime, ayant travaillé dans la même exploitation agricole où le corps a été découvert. Il a été mis en examen pour enlèvement et séquestration, alors que des antécédents délictuels, notamment des plaintes pour viol sur mineure, alarment l'opinion publique et les experts juridiques.
En effet, la procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, a confirmé que Jérôme B. avait été l’objet de plaintes en 2022 et 2025. Bien que certaines aient été classées, l'enquête concernant la deuxième était toujours en cours. La détresse de la famille de Lyhanna s'est exprimée à travers un communiqué, déplorant l'horreur de la situation.
Cette affaire soulève des critiques dévastatrices à l’encontre des institutions judiciaires. Des candidats à l’élection présidentielle, comme Jordan Bardella du Rassemblement national, ont pointé du doigt un État défaillant incapable de protéger ses enfants, tandis que le président des Républicains, Bruno Retailleau, a plaidé pour une réforme profonde du système judiciaire. D'autres, tels qu'Édouard Philippe, prônent l'instauration d'un principe de précaution face aux violences envers les enfants.
À gauche, la candidate Marine Tondelier a qualifié cette situation d'illustration frappante d’un système politico-judiciaire en crise, face à la montée des violences sexistes et sexuelles. Le porte-parole de la Chancellerie a admis une responsabilité partagée dans ce qui est considéré comme un « constat d'échec » global.
De plus, Eric Mouzin, père de la petite Estelle, a exprimé son incompréhension face à la prise de conscience tardive du gouvernement concernant ces dysfonctionnements longs et connus de tous. Les gendarmes sont également préoccupés par la nécessité d'améliorer les moyens alloués à l'enquête judiciaire, demandant une réponse politique adéquate afin de renforcer la sécurité des enfants.







