Édito

Les socialistes se perdent dans des querelles internes, faussant leur vision politique.
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Olivier Faure (à gauche), premier secrétaire du Parti socialiste (PS), et Boris Vallaud, président du groupe parlementaire Socialistes et Apparentes, à leur arrivée à l'hôtel Matignon, à Paris, le 22 décembre 2025. (BERTRAND GUAY / AFP)

Confrontés à une situation de blocage, les socialistes ne réussissent plus à dialoguer qu'au sein de leur propre groupe. À peine un an avant la présidentielle, ils s'engloutissent dans des disputes personnelles et des luttes de pouvoir, incapables de se mettre d'accord sur un candidat commun. Pendant que leurs adversaires prennent de l'avance, le Parti socialiste semble rejouer un scénario qui l'a affaibli durant plus d'une décennie.

La discorde atteint son paroxysme, alors qu'Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, propose une idée qui frôle l'absurde : organiser deux primaires. La première pour choisir un représentant socialiste et la seconde, où le gagnant affronterait d'autres candidates de la gauche, à l'exception de La France insoumise. Cette suggestion a été rejetée unanimement par des figures comme Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud. En effet, même si cette idée semble farfelue, elle occupe néanmoins l'esprit des socialistes.

Les problèmes de cette désignation sont multiples. Dans ce qui semble être une coquille vide à présent, les dirigeants se concentrent surtout sur le contrôle de l'appareil, délaissant les véritables débats de fond. Les militants désertent et l'ambition de transformer la vie personnelle s'est dissipée. Loin de cela, il s'agit aujourd'hui de conserver des mairies, souvent à travers des changements de stratégie menés par Olivier Faure, oscillant entre la critique d'un Jean-Luc Mélenchon accusé d'antisémitisme et le soutien à ses propositions.

La machine du parti comme ultime atout

Malgré tout, Olivier Faure demeure le gardien des finances du parti, un atout essentiel pour une possible campagne présidentielle. Bien qu'il soit à la tête du PS depuis huit ans avec une popularité au plus bas, il semble déterminé à écarter toute personne jugée menaçante pour son leadership, à commencer par Raphaël Glucksmann.

Le drame des socialistes réside dans leur incapacité à s'adresser aux Français. Tandis que des figures comme Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella intensifient leurs campagnes, Olivier Faure semble plus préoccupé par les tensions au sein de son équipe que par la rédaction d'une réelle stratégie politique. Les interactions entre les membres du PS ressemblent à une sitcom : François espionne Raphaël, qui discute avec Boris, tandis qu'Olivier reste en retrait. Cela fait maintenant douze ans que ce schéma se répète, un cycle qui a commencé avec la rébellion des députés frondeurs en 2014. Ce désordre interne a ouvert la voie à un long règne d'Emmanuel Macron, et pourrait bien placer l'extrême droite en position favorable pour 2027.

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