Ce lundi 8 juin, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a convoqué les procureurs généraux à la chancellerie. Dans l'ombre de l'affaire tragique de Lyhanna, il a fixé un objectif ambitieux : traiter d'ici le 14 juillet environ 70 000 plaintes relatives aux violences sexuelles sur mineurs.
La disparition de Lyhanna est désormais devenue le symbole d’une justice en crise face à des crimes souvent passés sous silence. Ces 70 000 plaintes, selon Darmanin, doivent être examinées avec la plus grande priorité. En effet, David Sénat, magistrat et avocat général à la cour d'appel de Versailles, souligne l'ampleur de la tâche : "Tous les moyens des parquets, tous les magistrats, tous leurs collaborateurs, assistants de justice, attachés de justice, seront dédiés à cette tâche indépendamment des autres tâches", a-t-il affirmé dans une interview accordée à "Télématin".
"Pourquoi on ne nous a pas entendus ?"
Les failles du système sont mises en avant par les antécédents de Jérôme Barella, le principal suspect dans l'affaire de Lyhanna. Ce dernier avait été signalé à plusieurs reprises pour des actes de pédocriminalité, sans que la justice ne réagisse. "Lorsqu'un enfant est victime d'un pédocriminel qui, de plus, avait déjà fait l'objet d'une plainte, le choc est indescriptible. On se demande : pourquoi ne nous a-t-on pas écoutés ?", s'est indignée Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, au micro de franceinfo.
En réaction à cette situation alarmante, une enquête administrative a été ouverte. Le garde des Sceaux souhaite prendre des mesures afin d'éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l'avenir. La réunion d'aujourd'hui est un pas en avant, mais beaucoup de questions demeurent sur l'efficacité et la rapidité du traitement des plaintes.







