Parfois orageuses, les relations entre Giorgia Meloni et Emmanuel Macron semblent à présent prendre un tournant. Ce jeudi, en marge du sommet à Antibes, le président français souligne : "C'est une nécessité pour les deux pays de collaborer ensemble", une idée que partage Florent Marciacq, chercheur à l'Ifri et expert en questions européennes.
"Leurs relations sont cycliques. Il y a un fort degré de proximité, mais des crises et tensions surgissent fréquemment, attirant l'attention des médias", indique Marciacq.
Cette dynamique a été particulièrement visible en février dernier, lorsque Meloni a exprimé des préoccupations suite à la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon. Emmanuel Macron avait alors réagi en lui demandant de respecter la souveraineté française. Un incident qui a rappelé les crises antérieures, comme celle de 2019, pendant le mouvement des gilets jaunes, lorsque la France a rappelé son ambassadeur après des commentaires critiques d'un ministre italien.
Un rapprochement pragmatique
Si les relations s’illustrent par davantage de coopération, Florent Marciacq prévient qu'elles ne sont pas pour autant revenues à la période de complicité qu'entretenaient Emmanuel Macron et Mario Draghi, l'ancien Premier ministre italien. Un temps marqué par le Traité du Quirinal, qui avait renforcé la collaboration bilatérale. Avec l'arrivée de Meloni au pouvoir, cette dynamique a été mise à l'épreuve.
Actuellement, Meloni, qui a récemment essuyé des critiques de Donald Trump, comprend la nécessité d'améliorer ses relations avec la France pour maintenir sa posture au sein de l'Union européenne. "Le contexte actuel, marqué par un refroidissement des relations avec Trump, renforce l'importance du couple franco-italien", explique Marciacq. Ainsi, Meloni veut tirer profit de cette rencontre pour solidifier sa crédibilité sur la scène européenne.
"La France et l'Italie aspirent à montrer leur rapprochement dans un contexte franco-allemand délicat", ajoute-t-il.
Accords en préparation
Les deux nations ne se contentent pas seulement de discutions diplomatiques : des accords concrets seront signés durant ce sommet, certains portant sur des projets d'infrastructure, d'espace, et de défense. "Les échanges économiques dépassent les 100 milliards d'euros, soulignant l'indispensable coopération franco-italienne", affirme Alexis Dutertre, conseiller Europe de Macron.
Malgré les divergences, Macron et Meloni semblent déterminés à œuvrer ensemble pour un avenir partagé dans un paysage européen incertain. Ils savent que l'entente est essentielle non seulement pour leurs pays respectifs mais également pour la stabilité de l'Union européenne dans son ensemble.







