Récemment élu à Saint-Denis, Bally Bagayoko fait déjà face à de nombreuses polémiques. Élu maire le 15 mars, ce dernier fait face à un enjeu crucial avec un taux d’abstention de 57 % lors des élections, où seulement 13 500 électeurs ont voté pour lui. Ancien adjoint pendant près de vingt ans, il est le premier maire Insoumis d’une ville de plus de 100 000 habitants.
La campagne électorale fut marquée par des tensions, notamment des injures racistes dans les réseaux sociaux et des allégations de liens avec le monde du narcotrafic. Le précédent maire socialiste, Mathieu Hanotin, avait évoqué l’influence des narcotrafiquants cherchant à déstabiliser une politique locale de lutte contre le narcotrafic. Bally Bagayoko avait vivement dénoncé ces allégations, qualifiant cela de « ligne rouge » franchie.
Dans ce climat, une enquête de Franceinfo révèle des interventions de Bally Bagayoko, qui a sollicité son adjoint afin d'aider deux membres de la famille Doumbia, connus des services de police pour divers délits, y compris le trafic de drogue. Cette intervention soulève des questions tant sur la légitimité de ses actions que sur ses relations avec ces individus.
Parmi les Doumbia, Ahmed, 49 ans, a un long passé judiciaire, ayant été condamné à plusieurs reprises pour trafic de drogue, avec sa dernière peine étant de cinq ans d’emprisonnement pour menaces de mort. Un policier a même qualifié cet homme de « dangereux ». En décembre 2025, alors que Bally se présente aux élections, il a plaidé en faveur d’Ahmed, cherchant à régulariser sa situation après des plaintes liées à une boîte de nuit gérée par ce dernier.
Des insinuations à l'investigation
Les interventions de Bally ne sont pas restées inaperçues. Les institutions locales ont refusé d'accepter ses demandes, évoquant des plaintes et un manque de conformité aux réglementations. Peu après, Ahmed Doumbia, maintenant incarcéré, a été enregistré en train de déclarer que Bally "c'est ma famille", soulevant davantage d'interrogations sur leurs liens.
Le deuxième incident concerne Adams Doumbia, un autre membre de la famille avec un casier judiciaire notable, ayant été impliqué dans des actes criminels graves. Bien qu'il n'ait pas de rôle officiel dans le club de sports local, des témoins l'ont décrit comme le véritable chef de la section football. Cette influence a causé des frictions internes, certains membres craignant un possible détournement de fonds.
La situation s'est intensifiée lorsque des plans pour une nouvelle structure indépendante ont été soutenus par Bally Bagayoko, suscitant des inquiétudes sur les implications d'un tel changement. Un membre du club a averti que cela équivalait à un « hold-up complet ». La municipalité prévoit également des subventions significatives qui pourraient être transférées à cette nouvelle entité dirigée par les Doumbia.
Interrogé sur ces événements, Bally Bagayoko a qualifié la situation au club sportif de « complexe », tout en maintenant qu'il cherche à prendre des décisions dans l'intérêt des familles impliquées. Bien que l’enquête de Franceinfo ne conclue pas à des illégalités explicitement, elle met en lumière les implications préoccupantes de ses interactions avec des criminels connus.
Ces allegations ainsi que les précédents incidents soulèvent des doutes sur la capacité de Bally Bagayoko à gouverner efficacement la ville, laissant planer un halo d'incertitude autour de son administration naissante.







