Lors d’une interview sur France 2, Édouard Philippe, président d'Horizons, a abordé sans détour le sujet délicat de l'âge de départ à la retraite, affirmant qu'un nouveau recul sera inévitable. Il soutient également la mise en place d'un système de capitalisation, visant à compléter le modèle actuel.
À l’approche des élections présidentielles, le sujet des retraites reste sensible. Sur le plateau de France 2, Édouard Philippe n’a pas esquivé les questions sur ce dossier explosif. La journaliste Léa Salamé lui a rappelé ses précédentes déclarations : «Vous aviez dit qu'il fallait repousser l'âge de départ à la retraite à 65, 66, 67 ans». La réponse de Philippe a été claire : «Pour sortir de la situation actuelle, nous devrons nous aligner sur les pratiques des autres pays européens. Cela inclut travailler un peu plus longtemps».
Cependant, l'ancien Premier ministre a pris le soin de nuancer sa position, évoquant la pénibilité de certains métiers. «Il est essentiel de distinguer la nature du travail», a-t-il expliqué, en reconnaissant que des professions comme celle de journaliste n’ont pas la même intensité physique que des travailleurs de l'industrie. Il a souligné l'importance d’une approche différenciée, tenant compte des spécificités de chaque secteur.
Par ailleurs, Philippe a exposé son projet d'introduire un système de capitalisation. Selon lui, cette réforme permettrait à «tous les Français de bénéficier de la valorisation du capital» et de «participer ainsi au financement des retraites de manière progressive». Ce projet divise, suscitant l'inquiétude de la gauche face à un potentiel affaiblissement du système par répartition.
Philippe a insisté : «Je ne prône pas un simple retour au travailler plus. C'est un constat nécessaire.» En appuyant sur la réalité démographique, il a souligné que le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) indiquait un déficit à venir qui pourrait atteindre 0,2 % du PIB d'ici 2030. Ce chiffre pourrait être multiplié par douze d'ici 2070.
Il a également plaidé pour un effort collectif, précisant : «Nous devons nous adapter et travailler, oui, un peu plus longtemps, pour le bien des générations futures.» Son allocution devrait raviver le débat sur cette thématique brûlante, alors que les candidats à la présidentielle élaborent leurs stratégies pour séduire un électorat toujours plus préoccupé par son avenir. Selon le journal Le Monde, les électeurs vont devoir se positionner sur ces questions cruciales dans les mois à venir.







