Le montant fait trembler : au premier trimestre 2026, la dette publique française dépasse les 3 500 milliards d'euros, un cap historique, comme le rapportent les données de l'Insee. Cette hausse de 75,6 milliards d'euros par rapport à l'année précédente annule le léger recul observé l'an dernier. Actuellement, la dette représente 117,5 % du PIB, plaçant la France en troisième position parmi les pays les plus endettés de la zone euro, juste derrière la Grèce et l'Italie. Ce tableau alarmant met une pression considérable sur le gouvernement, alors que s'annoncent des discussions budgétaires cruciales.
À son arrivée à Matignon, François Bayrou avait promis de réduire cette dette, considérée comme un de ses grands défis. Cependant, ses projets d'austérité n'ont pas résisté à la réalité politique, et son successeur, Sébastien Lecornu, a dû faire des concessions. Parmi les décisions marquantes, l'abandon de la réforme des retraites, assortie d'une revalorisation de la prime d'activité de 50 euros par mois, a entraîné une augmentation des dépenses publiques de 29 à 37 milliards d'euros, comme le souligne Philippe Juvin, député Les Républicains et rapporteur général du budget.
Les négociations récentes autour du budget 2027 s'annoncent déjà tendues. Dans une lettre aux ministres, Lecornu exhorte ses collaborateurs à ajuster le budget afin de réaliser davantage d'économies, mais le défi est immense. Les secteurs de la justice, de l'éducation et de la santé souffrent de ressources insuffisantes, ce qui complique la tâche de l'État, qui souhaite investir massivement dans la transition énergétique. Les défis budgétaires à venir s'annoncent, de fait, tout aussi laborieux que ceux déjà rencontrés lors des précédentes discussions.
Un rapport de l'OCDE, qui ne passera pas inaperçu à Matignon, suggère néanmoins d'augmenter certaines taxes. Parmi les pistes envisagées, la suppression progressive des exonérations de cotisations sociales sur certains salaires, ainsi qu'une harmonisation de la fiscalité entre le gazole et l'essence qui pourrait générer un revenu supplémentaire de 1,2 milliard d'euros. Le rapport aborde également la nécessité de rationaliser le système administratif français complexe. Enfin, il insiste sur la reprise de la réforme des retraites prévue pour 2028, visant à relever l'âge légal de départ à la retraite.
Les mois à venir seront décisifs pour Lecornu, qui devra naviguer au travers de ces questions structurelles tout en tenant compte des discussions budgétaires de campagne. Pendant ce temps, la situation de la dette continue de s'alourdir, et François Bayrou, avec son dernier livre "Alerte sur la France qui vient", alerte encore une fois en déclarant que "l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu des Français ne suffira pas à couvrir les intérêts de la dette".







