Le dernier dessin de Charlie Hebdo, mettant en scène Jean-Luc Mélenchon dans une situation similaire à celle de Nicolas Maduro, a déclenché une tempête de réactions au sein du mouvement La France Insoumise (LFI). Le caricaturiste Salch s'est moqué de Mélenchon, le représentant menotté et portant un jogging, une image perçue comme une ironie face à l'arrestation du président vénézuélien.
« Trump, ne t'arrête pas en si bon chemin », semble inciter Charlie Hebdo, provoquant une onde de choc parmi les députés LFI qui parlent d'un dessin « fasciste ». Sophia Chikirou, ancienne directrice de la communication du mouvement, a critiqué l'hebdomadaire, le comparant à des revues extrêmes de droite, et s'est interrogée sur la direction qu’a prise la satire française.
Ces critiques font écho à celles formulées par Thomas Portes, député de Seine-Saint-Denis, qui a également qualifié ce dessin de minable et d'odieux, évoquant un glissement vers des pratiques qu'il considère comme racistes. « Après le dessin raciste sur Rokhaya Diallo, voilà un petit tour au pays du fascisme », a-t-il tweeté.
De son côté, Arnaud Le Gall, élu du Val-d'Oise, s’est indigné, pointant du doigt ce qu’il voit comme un soutien implicite à l'extrême droite américaine. Cette réaction s'inscrit dans un contexte plus large, où les interactions entre humour, politique et liberté d'expression en France suscitent des interrogations croissantes.
Jean-Luc Mélenchon, lui-même, a réagi à la caricature en dénonçant les invasions, affirmant qu'il n'existe aucune « bonne invasion », seulement des « invasions mauvaises », en écho à des critiques sur les interactions entre les États-Unis et des régimes controversés.
Cette affaire met en lumière un clivage profond au sein de la société française, où les valeurs de la liberté d’expression continuent d’être débattues et recontextualisées, à l'ombre de la montée des extrêmes.
Comme l’a souligné l'expert en sociologie politique, Lucien Guillemet, « cette tension entre le droit à la satire et la responsabilité sociale est de plus en plus palpable dans notre société ».







