Loïc Prud’homme, député LFI, a décidé d'intenter une action en justice contre ses opposants politiques, Fabien Robert et Ariane Ary, les accusant de l'avoir désigné comme l'instigateur d'une campagne de cyberharcèlement concernant les élections de 2024. Ce débat judiciaire s'est déroulé au tribunal de Bordeaux le jeudi 22 janvier.
Lors de l'audience, la procureure a souligné l'importance de ne pas laisser le tribunal devenir le théâtre de règlements de comptes politiques. À gauche des juges se tenait Loïc Prud’homme, qui se présente également comme candidat à la mairie de Bègles. À droite, Fabien Robert, élu municipal et régional (MoDem), et Ariane Ary, candidate pour les législatives de 2024.
Un climat électoral tendu
La situation s'est intensifiée au cours de l'été 2024, marqué par la dissolution de l'Assemblée nationale et des législatives anticipées. La troisième circonscription de Gironde a été témoin d'une compétition féroce, où Prud’homme a terminé en tête, suivi d'Ariane Ary, déterminée à ne pas céder face au front républicain.
En l'espace de 48 heures, Ary a reçu plus de 400 messages d'insultes sur les réseaux sociaux. Ces attaques, selon elle et Robert, sont orchestrées par Prud’homme et constituent une forme de cyberharcèlement. Ils l'accusent de commander des « mercenaires numériques » pour ternir leur réputation, citant même des méthodes que Fabien Robert attribue à LFI et à son leader Jean-Luc Mélenchon.
"Une diffamation chimiquement pure", estime l'avocat de Prud’homme, Me Anis Harabi, qui réclame 10 000 euros pour le préjudice subi par son client. Il défend que le député n'a jamais approuvé de tels actes et que la responsabilité ne peut lui être imputée uniquement parce que certains auteurs sont sympathisants de LFI.
Afin d'étayer leur position, Robert et Ary ont présenté au tribunal une vingtaine de preuves, soutenant leurs accusations contre Prud’homme. Leur avocat, Me Alain Garay, a même mentionné le livre-enquête de Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, intitulé La Meute, qui dépeint une guerre numérique orchestrée par LFI.
Le terme de "procédure bâillon" a été utilisé pour qualifier cette plainte, ce qui soulève des questions sur la véritable intention derrière cette action en justice. Me Garay a maintenu ses revendications en matière de préjudice pour chacun de ses clients, tandis que la décision du tribunal est attendue pour le 5 mars.







