Une étude épidémiologique menée auprès de 8 200 élèves scolarisés entre le CP et le CM2 révèle que 16 % des enfants pourraient être victimes de harcèlement scolaire. Le rapport, publié par Santé Publique France le 22 janvier, dévoile également que 18 % des élèves affichent des comportements agressifs. Dans une classe de 30 élèves, cela signifie qu'environ cinq enfants sont susceptibles d'être victimes et autant d'agresseurs.
Les résultats de cette enquête montrent aussi une disparité selon le genre : les filles sont plus souvent victimes (11,2 %) que les garçons (9,4 %), tandis que ces derniers sont également plus enclins à adopter des comportements de harcèlement (16,6 % contre 6,8 % chez les filles). Un point que l'agence de santé met en lumière est que 40,9 % des enfants concernés présentent au moins un trouble de santé mentale, contre seulement 6,8 % pour ceux qui ne sont ni victimes ni agressifs.
La majorité de ces enfants proviennent de familles monoparentales et d'environnements perçus comme difficiles, avec un parent ayant un niveau d'éducation inférieur au baccalauréat. D'autres facteurs de vulnérabilité sont souvent présents chez ces enfants, y compris des problèmes d'apprentissage ou des difficultés de socialisation.
Renforcer la prévention dès l'enfance
Les données collectées soulignent la nécessité d'interventions précoces. "Il est essentiel de renforcer la prévention dès l'enfance ainsi qu'un repérage efficace des situations de harcèlement", indique Santé Publique France. Une telle approche permettrait de mieux protéger les enfants, qu'ils soient victimes ou auteurs, et d'améliorer leur bien-être à l'école. En somme, une mobilisation collective est indispensable pour lutter contre ce fléau qui touche tant d'élèves en France.







