Bruno Retailleau : le visage classique de la droite à la croisée des chemins

D'un ministre populaire à candidat à la présidentielle, Retailleau navigue entre traditions et avenir.
Bruno Retailleau : le visage classique de la droite à la croisée des chemins

Intransigeant sur les questions d'immigration et de sécurité, Bruno Retailleau semble chercher un second souffle depuis son départ du gouvernement. Le sénateur, qui ambitionne de devenir le candidat naturel de la droite à l'Élysée, se présente désormais avec un profil affirmé et affable, redécouvert par le public depuis son implication avec Michel Barnier à l'automne 2024.

Fier de ses racines vendéennes, ce catholique engagé évoque régulièrement son enfance et la maison de son grand-père à Saint-Malô-du-Bois, où il réside encore aujourd'hui. Marié à une médecin scolaire et père de trois enfants, il n'hésite pas à mettre en avant sa lignée historique, prenant soin de rappeler l'héritage de Georges Clemenceau, un autre Vendéen emblématique, malgré les critiques de la gauche.

Ancien cavalier au Puy-du-Fou, Retailleau a longtemps été perçu comme trop conservateur pour nourrir des ambitions élyséennes, notamment après sa ferme opposition au mariage pour tous. Un cadre des Républicains résume son positionnement : "Retailleau, c'est la droite Trocadéro, la droite Fillon" et ne semble pas croire en son potentiel à la présidentielle.

C'est au Sénat qu'il a véritablement amorcé son ascension, pour ensuite devenir le chef du groupe Les Républicains entre 2014 et 2024. Bien que ses tentatives de succéder à la présidence du parti en 2022 aient échoué face à des figures comme Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti, sa nomination au ministère de l'Intérieur deux ans plus tard a radicalement changé la donne.

Sous son mandat, il a mis l'accent sur la lutte contre l'immigration illégale et le narcotrafic, critiquant même l'Algérie pour son refus de rapatrier des ressortissants indésirables. Cela a fait de lui le membre le plus populaire du gouvernement, malgré certaines polémiques, comme ses déclarations sur l'immigration. Son franc-parler est souvent perçu comme sa marque de fabrique, ce qui lui permet de toucher "la France des honnêtes gens".

Proche des thèmes de l'extrême droite, Retailleau a fait face à des interrogations sur son rapport avec le Rassemblement National. Il fut noté que son appel à ne pas voter pour la gauche lors d'une législative partielle a semé le trouble dans son camp. Pour lui, l'attaquer sur le plan économique est primordial : Marine Le Pen, selon ses mots, propose un programme "sur lequel on pourrait voir une couleur socialiste".

Un tournant s'est opérée au printemps dernier lorsque Retailleau fut élu à la présidence des Républicains, recueillant 75 % des voix contre Laurent Wauquiez. À ce moment-là, il se présentait comme un "gaulliste, mais pas macroniste", n'hésitant pas à déclarer la fin du mouvement fondé par Emmanuel Macron.

Cependant, sa sortie du gouvernement en octobre a été un choc pour le public et a entraîné une chute dans les sondages. Reconnu par ses proches comme un "trou d'air", Retailleau a tenté de rebondir, mais fait face à des difficultés pour instaurer sa vision au sein de son propre parti. En dépit de son opposition à la participation au gouvernement, plusieurs membres de son parti, dont Rachida Dati, ont été recrutés, suscitant une fracture interne.

Avec des rivaux comme Xavier Bertrand et David Lisnard déjà en lice pour la présidentielle, ainsi que la menace de Laurent Wauquiez et Michel Barnier, Bruno Retailleau continue de naviguer avec prudence sur la scène politique française. Une stratégie audacieuse mais risquée, alors que l'avenir de la droite se dessine sous des cieux incertains.

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