Une enquête judiciaire a été ouverte après qu'une femme de 50 ans a été interpellée suite à la découverte de deux bébés dans son congélateur à Aillevillers-et-Lyaumont, en Haute-Saône. D'après le procureur de Besançon, Cédric Logelin, la mère a reconnu en garde à vue avoir congelé les nouveau-nés dès leur naissance, entre 2011 et 2018.
Lors de son audition, elle a expliqué avoir accouché à domicile et enveloppé ses bébés immédiatement après leur naissance avant de les placer dans le congélateur, situé dans la buanderie. Elle a également divulgué avoir caché ses grossesses à son entourage, mentant sur son poids en portant des vêtements amples. Émotionnellement éprouvée, elle a exprimé des regrets durant son interrogatoire, se qualifiant de "désolée pour ses enfants et sa famille".
La découverte a été faite par un membre de la famille qui, en triant dans le congélateur, a trouvé le corps d'un nourrisson. Les gendarmes ont ensuite découvert un deuxième corps, également congelé, à l'intérieur. La mère a été arrêtée à Boulogne-Billancourt sans résistance et fait actuellement face à des accusations d'assassinat. Elle aurait précisé que les grossesses avaient eu lieu entre la naissance de son dernier enfant en 2011 et son retour au travail en 2018.
Enquête en cours
Les autorités ont d'ores et déjà ouvert une information judiciaire pour meurtres de mineurs de moins de 15 ans, un crime passible de réclusion à perpétuité. Le compagnon de la suspecte, également entendu par la police, a affirmé qu'il n'était pas au courant des grossesses et était stupéfait par la situation.
Une autopsie est programmée pour le vendredi suivant afin de déterminer les circonstances précises de la mort des bébés et éventuellement d'étudier la chronologie des événements. Les forces de l'ordre étaient visibles aux abords de l'habitation où les corps ont été découverts, posant des scellés sur les volets.
Une commune sous le choc
Cette tragédie a profondément secoué la petite commune d’Aillevillers-et-Lyaumont, qui ne compte que 1500 habitants. Le maire, Jean-Claude Tramesel, a exprimé son "choc" face à cette découverte macabre, soulignant que de telles tragédies ne devraient pas arriver dans un endroit comme le leur.
Les résidents de la commune décrivent la mère comme une personne discrète qui vivait là depuis vingt ans sans jamais attirer l'attention. Le parquet de Vesoul a d'ailleurs transféré l'affaire au parquet de Besançon en raison de sa nature criminelle.







