Le 25 avril 2026, les stades de Villemer et de l'Aurore ont été le théâtre de la 32ᵉ édition du Tournoi du Bocage, un événement rugby incontournable rassemblant 750 jeunes de 6 à 14 ans. Quatre catégories ont été représentées : M8 à V, M10 à VII, M12 à X et M14F15 à XV. Cette année, l'US Ris-Orangis de l'Essonne a dominé le classement des clubs.
Une présence féminine en pleine évolution
Malgré le fait que les filles composent uniquement 10 % des effectifs, leur participation sur le terrain est manifeste. Les témoignages de plusieurs joueuses mettent en lumière des expériences frustrantes. Elsa, 14 ans, se remémore un match en Angleterre : "Nous devions jouer en chasuble pour qu'ils nous touchent, sinon nous n'avions pas le droit de plaquer parce que les règles diffèrent pour les filles. C'était humiliant, on nous mettait en avant comme si nous étions moins bonnes."
Sa coéquipière Elya partage son sentiment : l'année précédente, elles n'ont pas pu disputer les championnats de France UNSS, car il manquait des joueuses pour former une équipe. Pour pallier cette situation, elles envisagent un déplacement en Alsace, en espérant obtenir le statut de jeunes coachs. "Nous nous entraînons avec les garçons toute l'année mais nous ne pouvons pas réaliser notre potentiel sur le terrain. C'est décevant."
Une marraine de choix
Pour cette édition, afin de promouvoir la place des femmes dans le rugby, Marion Zdzioblo, une joueuse d'élite 1, a été désignée marraine du tournoi. À 21 ans, elle est déjà double championne de France avec le Stade bordelais. Une participante souligne : "Avant, c'étaient souvent des garçons qui étaient mis en avant, c'est bien que ce soit une fille cette fois-ci. Ça montre que le rugby n'est pas seulement une affaire de garçons; nous sommes également là !"
Malgré son succès, Marion déplore le manque de reconnaissance pour les joueuses : "Chez les filles, il n'y a pas de statut pro. Seules 30 d'entre nous en équipe de France ont un contrat, et la plupart d'entre nous devons jongler entre le rugby et nos études. C'est une différence notable avec les garçons, alors que nous nous entraînons presque autant." Selon la Fédération française de rugby, cette évolution est encourageante : entre 2024 et 2025, le nombre de licenciées a augmenté de 38 %.







