L’éco-pâturage s'affirme comme une méthode douce pour entretenir nos espaces verts en milieu urbain. Autrefois perçue comme un concept de niche, cette activité connaît aujourd'hui une popularité croissante, avec une professionnalisation notable. La principale entreprise du secteur en France compte déjà 50 bergers à plein temps, témoignant de l'essor de cette pratique.
À Moyeuvre-Grande, une commune mosellane de 7300 habitants, les moutons ont fait leur entrée cette saison. La mairie a décidé de troquer les tondeuses pour ces herbivores, offrant une solution à la fois esthétique et écologique.
Une méthode respectueuse de la biodiversité
Des moutons de la race Ouessant ont investi les abords des routes de Moyeuvre-Grande. Fini le bruit des tondeuses, cette méthode silencieuse utilise rien d’autre que le pâturage. “C’était la tonte deux fois par an, là, il y a un côté ludique car les écoles en profitent pour observer. C'est un moment éducatif”, s'enthousiasme Franck Roviero, le maire de la commune.
Les économies réalisées en utilisant l’éco-pâturage sont significatives. En effet, le coût de fonctionnement est similaire à celui de l'entretien mécanique. De plus en plus de villes, ainsi que des entreprises privées, optent pour cette méthode, qui connaît une expansion remarquable.
600 clients en France
David, berger aux alentours de Metz, gère plusieurs troupeaux. Ces moutons sont présents autour de l’hôpital Robert Schuman, offrant une option silencieuse et sans odeur pour l'entretien des jardins. D'une grande agilité, ces tondeuses à quatre pattes s'adaptent à tous les terrains, même les plus accidentés.
L'un des leaders de l'éco-pâturage en France, Ecomouton, fondé par Sylvain Girard, est en pleine expansion, affichant une croissance de 8% par an. Il compte aujourd'hui 600 sites desservis dans tout le pays, avec un effectif de 6700 moutons et 200 chèvres. Ce concept, né d'un simple plaisir personnel, attire de plus en plus de professionnels. “J’ai lancé la société pour m’amuser. Je ne m'attendais pas à un tel engouement”, confie Girard.
Reportage : T. Niederlaender / M.Luff / C.Provost, France 3 Lorraine







