La cristallerie de Vallérysthal, emblème de l’art verrier, a marqué de son empreinte la région de Sarrebourg pendant plusieurs décennies. Avec près de 1 700 ouvriers à son actif, cette manufacture a tissé des liens indéfectibles avec la communauté locale, chaque famille ayant son souvenir d'un proche ayant œuvré à l’usine. Anne-Lise Haeckler souligne cet attachement : « Tout le monde a eu un ancêtre, une tante, un cousin, un grand-père qui a travaillé dans cette usine », témoignant ainsi de l'impact profond de cette cristallerie.
La fermeture de l'établissement en 2021 a indéniablement laissé un vide dans le cœur des habitants du pays de Sarrebourg. Pour Haeckler, sa passion pour le cristal débute dès l'enfance. Dans les années 1970, son père l'emmenait dans les entrailles de l'usine, où l'air était chargé de chaleur, de bruit et de l'effervescence des échanges entre les ouvriers. « Je rentre comme ça dans un monde magique », raconte-t-elle, exprimant un lien émotionnel indéniable avec cet héritage artisanal.
Malgré les difficultés croissantes face aux productions mécanisées, Anne-Lise Haeckler reste déterminée à préserver cette flamboyante tradition. Depuis l'arrêt de la production, des initiatives ont vu le jour pour maintenir cet héritage. À Sarrebourg, une boutique éphémère propose des pièces de cristal issues des stocks restés sur place. Haeckler rappelle que cette démarche va au-delà du commerce ; il s'agit de conserver un patrimoine industriel unique, notamment autour de la grande cheminée emblématique de Vallérysthal.
« Il y a un réel engagement au niveau de la région et du pays de Sarrebourg pour préserver cet endroit », déclare Haeckler, alors que la communauté de communes a décidé de reprendre certaines collections pour soutenir cette mémoire verrière. C’est un véritable enjeu, non seulement pour les passionnés de cristal, mais aussi pour tous ceux qui voient cette cristallerie comme une part essentielle de leur identité régionale.







