Depuis ce jeudi, une nouvelle liaison ferroviaire a vu le jour entre le sud de la France et la Moselle pour le transport de bois. Cette initiative, née après la crise du scolyte ayant dévasté de nombreuses forêts dans le Grand Est, vise à réduire le trafic routier tout en répondant à une demande croissante.
Sur la plateforme de l'Europort d'Illange, quatorze wagons déchargent des épicéas, témoignant d'une solution logistique innovante. Didier Daclin, président de Fransylva en Moselle, souligne que ces troncs, envoyés de la région Rhône-Alpes, seront ultérieurement expédiés vers des entreprises situées au Luxembourg et en Belgique, alimentant la production de palettes et de panneaux.
Une réponse à la crise du scolyte
Cette démarche n'est pas anodine. La crise du scolyte a laissé les industriels dans une situation délicate, comme l'explique Didier Daclin : "Les industriels nous ont clairement dit qu'ils avaient besoin de bois, mais pour le trouver, il fallait chercher beaucoup plus loin...". Pour Thierry Reverbel, travaillant pour la coopérative Alliance Forêts Bois, c'est une opportunité idéale d'écouler le bois tombé lors des dernières tempêtes tout en minimisant les risques de contamination par le scolyte, précisant : "C'est la meilleure façon de traiter ce bois."
Un retour aux sources du ferroviaire
Ce transport ferroviaire rappelle les pratiques d'antan lorsque des wagons étaient régulièrement chargés de bois. "Dans les années 2000, on chargeait régulièrement depuis Metz, de nombreuses gares de marchandises étaient présentes dans la région", raconte Daclin. Malheureusement, par manque de rentabilité, cette activité avait été abandonnée. Aujourd'hui, les propriétaires forestiers ne peuvent plus charger dans les gares SNCF et doivent se tourner vers des plateformes privées.
Pourtant, l'argument écologique en faveur du transport ferroviaire est fort. Daclin ajoute : "En retirant vingt camions de la circulation, nous faisons une différence majeure dans le trafic routier. Au cours des semaines suivantes, nous comptons augmenter ce chiffre et espérer générer un à deux trains par semaine."
Le retour du transport ferroviaire de bois pourrait ainsi revitaliser l'écosystème logistique tout en répondant aux défis environnementaux actuels. Si la pandémie a amené à revoir les modes de transport, cette initiative pourrait bien marquer le début d'une nouvelle ère pour le secteur. Comme le conclut Didier Daclin : "C'est véritablement l'avenir !"







