À Strasbourg, Pierre Garitte, ostéopathe de 37 ans, a été condamné à une peine de 17 ans de réclusion criminelle pour avoir commis des violences sexuelles sur 29 de ses patientes. Ce procès, qui a débuté le 1er juin devant la cour criminelle du Bas-Rhin, a été marqué par des témoignages poignants de victimes décrivant des actes d'une gravité inquiétante et des abus de confiance découlant de sa profession.
Les accusations portent sur huit viols et 23 agressions sexuelles, perpetrés dans son cabinet à Eschau, un quartier de Strasbourg. La procureure, Agnès Robine, a qualifié les actes du prévenu de "prédatory behavior", demandant une peine maximale de 20 ans en raison de la gravité des actes, aux circonstances particulièrement détestables.
Pierre Garitte a contesté les accusations, plaidant une "maladresse", affirmant qu'il n'avait jamais agi avec une intention malveillante. "Je me rends compte que j’ai blessé des gens profondément", a-t-il déclaré, tout en attribuant certains actes à des lacunes techniques dans sa pratique. Son avocat, Yves Sauvayre, a contesté la longueur de la peine, soulignant que son client avait toujours informé les patientes de la nature de ses gestes.
Les témoignages des victimes, cependant, racontent une tout autre histoire. Les femmes se sont succédé à la barre, exprimant à quel point leur confiance avait été trahie. "Je me suis senti utilisée comme un objet sexuel", a déclaré Caroline, 50 ans, l'une des plaignantes. D'autres ont décrit des incidents troublants où l'ostéopathe les faisait glisser leurs mains ou commettait des actes sans leur consentement, les laissant avec un profond sentiment de dégoût.
Des experts présents lors du procès ont décrit l'accusé comme ayant une personnalité "narcissique", capable d'insidieuses manipulations. Lavleen Singh-Bassi, avocate d'une des victimes, a hissé cette affaire au rang de symbole de justice, affirmant que la condamnation permettrait de redonner aux victimes "la légitimité de leur corps et leur dignité".
Dans un pays où la lutte contre les violences faites aux femmes est un défi constant, ce procès marque un tournant. Il rappelle les traumatismes vécus par des centaines de femmes victimes d'abus de la part de ceux qui devraient garantir leur sécurité.







