Un ostéopathe strasbourgeois, Pierre Garitte, a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour des viols et des agressions sexuelles à l'encontre de 29 de ses patientes. Les juges ont qualifié ses actions de "prédatrices" et ont noté le caractère sériel des crimes, qui visaient des femmes âgées de 30 à 83 ans.
Accusé d'avoir commis des actes d'une gravité insupportable, Garitte a été jugé pour six viols, 21 agressions sexuelles, ainsi que pour des actes combinés sur deux patientes supplémentaires. Au cours de son procès, qui a débuté le 1er juin, il a comparu libre sous contrôle judiciaire, mais doit désormais purger sa peine.
La cour a également interdit à Garitte d'exercer en tant qu'ostéopathe et de travailler ou de faire du bénévolat avec des mineurs. Avant la délibération finale, l'accusé a tenté de justifier ses actes, affirmant avoir eu des intentions thérapeutiques, tout en exprimant ses regrets pour la souffrance causée à ses victimes.
"Je ne suis pas dangereux, je ne suis pas un violeur", a-t-il déclaré en larmes, se présentant comme un père de famille soucieux de réparer le tort qu'il a causé. Néanmoins, l'accusation s'est attardée sur son comportement, qualifié de "prédateur" par l'avocate générale, Agnès Robine, qui avait requis la peine maximale de 20 ans.
Les atrocités se sont déroulées dans son cabinet d'Eschau, près de Strasbourg. La première plainte avait été déposée en 2018, mais l'enquête a véritablement pris de l'ampleur après des allégations de viol en octobre 2020. La police a alors pu établir un lien avec d'autres patientes partageant des expériences similaires.
Tout au long du procès, Garitte a nié avoir eu des intentions sexuelles, tentant d'expliquer ses gestes comme des maladresses. Cependant, des témoins et des experts ont décrit une personnalité narcissique et manipulatrice, enclin à renverser la culpabilité sur ses victimes.
Les témoignages poignants des plaignantes ont révélé un schéma troublant où Garitte aurait manipulé ses patientes, créant un climat de confiance avant de dépasser les limites. Une patiente, Caroline, a déclaré : "Je pense que j'ai été utilisée comme un objet sexuel par destination, et il a profité de moi." Une autre, Chantal, a exprimé un sentiment de dégoût après son expérience.
Lavleen Singh-Bassi, avocate d'une victime ayant subi des violences devant son enfant, a souligné l'importance de rendre la dignité aux femmes touchées par ces actes. Ce procès met en lumière la nécessité de rétablir la légitimité de leur corps et leur voix dans un contexte où la confiance a été gravement trahie.







